Pratt & Whitney Canada met en service un nouveau site industriel à Nouaceur, au sein de la zone Midparc, à proximité de Casablanca. L’usine couvre une superficie de 130 000 pieds carrés, soit 12 077 m², et se spécialise dans la production de pièces statiques et structurelles destinées aux moteurs aéronautiques. Cette implantation s’inscrit dans une stratégie d’expansion industrielle du groupe dans des zones à forte capacité d’export.
Le projet repose sur un investissement global de 716 millions de dirhams, équivalent à environ 73 millions d’euros. Il résulte d’un partenariat entre Pratt & Whitney Maroc et Sound Global Investments. La première phase avait été lancée en mai 2024 avec la pose de la première pierre. L’inauguration marque l’entrée en exploitation progressive du site.
Sur le plan opérationnel, environ 80 % des équipements, notamment les machines à commande numérique et les centres d’usinage, sont déjà en activité sur une installation temporaire. La montée en puissance du site se poursuivra jusqu’en 2027, avec une capacité complète attendue à l’horizon 2030.
L’usine produira des composants pour les moteurs PT6 et PW300. Ces programmes couvrent des segments variés de l’aéronautique, notamment l’aviation générale, les turbopropulseurs et les jets régionaux. Les pièces fabriquées incluent des éléments critiques tels que des axes, des carters et des supports, nécessitant des niveaux de précision élevés, en particulier sur des matériaux complexes comme le titane et les alliages à base de nickel.
Le site intègre des technologies industrielles avancées, notamment l’usinage 5 axes, la métrologie tridimensionnelle et des systèmes de traçabilité numérique. Ces standards répondent aux exigences de certification du secteur, notamment la norme AS9100, qui encadre la qualité dans l’industrie aéronautique.
L’implantation à Nouaceur repose sur des critères logistiques et industriels. La proximité de l’aéroport Mohammed V facilite les flux internationaux, tandis que la zone Midparc bénéficie d’un statut de zone franche orientée export. Cet écosystème regroupe près de 200 entreprises, représentant environ 26 000 emplois directs et un chiffre d’affaires estimé à 50 milliards de dirhams en 2025.
Le secteur aéronautique marocain poursuit sa progression. Il représente environ 2,5 % du produit intérieur brut et affiche une croissance annuelle proche de 10 %. Environ 95 % de la production est destinée à l’export, principalement vers des donneurs d’ordre internationaux comme Boeing, Airbus et Embraer.
Le projet prévoit la création de 200 emplois qualifiés d’ici 2030, dont une première tranche de 100 postes attendue à l’horizon 2028. Les profils recherchés couvrent des métiers techniques spécialisés : opérateurs sur machines CNC, contrôleurs qualité en essais non destructifs et ingénieurs en production.
Les niveaux de rémunération annoncés se situent entre 12 000 et 18 000 dirhams nets mensuels, selon les qualifications et l’expérience. Ces postes s’accompagnent de dispositifs de formation adaptés aux exigences du secteur.
Pratt & Whitney Maroc a noué un partenariat avec l’Institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA) de Casablanca, qui forme environ 5 000 apprenants par an. Depuis 2024, une première cohorte de 50 collaborateurs a été intégrée et formée dans le cadre du projet. De nouveaux programmes spécifiques, représentant près de 200 modules, doivent être déployés à partir de septembre 2026.
Le développement des compétences constitue un enjeu central. Les besoins en profils qualifiés, notamment sur les technologies d’usinage avancées, dépassent actuellement l’offre disponible sur le marché local. Les dispositifs de formation visent à réduire cet écart et à soutenir la montée en charge industrielle.
Sur le plan économique, cette implantation renforce l’attractivité du Maroc pour les investissements directs étrangers. En 2025, les investissements dans le secteur aéronautique ont atteint 15 milliards de dirhams, en hausse de 40 % sur un an. Cette dynamique s’explique en partie par les réorganisations des chaînes d’approvisionnement internationales.
Les industriels cherchent à rapprocher leurs capacités de production des marchés européens. Le Maroc bénéficie de cette tendance en raison de sa position géographique, de ses infrastructures et de son environnement industriel. Le site de Nouaceur s’inscrit dans cette logique de proximité opérationnelle.
À terme, l’usine devrait générer une valeur ajoutée annuelle estimée à 1 milliard de dirhams, dont environ 80 % destinée à l’export. Cette production contribuera aux objectifs nationaux de développement industriel, notamment en matière d’exportations à forte valeur technologique.
Le projet s’inscrit dans les orientations du Plan d’Accélération Industrielle et de la Vision 2030, qui visent à renforcer la base industrielle du pays et à structurer des filières intégrées. L’aéronautique figure parmi les secteurs prioritaires, avec des objectifs de montée en gamme et d’intégration locale.
Sur le plan social, les conditions proposées s’alignent sur les standards du secteur, incluant couverture sociale, formation continue et dispositifs d’accompagnement. Les acteurs professionnels soulignent toutefois l’importance de renforcer les capacités locales en recherche et développement afin d’élargir la chaîne de valeur au-delà de la production.
Dans un environnement concurrentiel, le positionnement du Maroc repose sur la stabilité, la qualification de la main-d’œuvre et la structuration progressive de son écosystème industriel. Le site de Nouaceur illustre cette trajectoire, avec une montée en capacité progressive et une intégration croissante dans les chaînes de production internationales.




