Le marché repasserait ainsi au-dessus du seuil des 300 000 recrutements, sans retrouver le record de 330 700 embauches enregistré en 2023. Après une baisse de 8 % en 2024, puis de 3 % en 2025, avec 294 500 cadres recrutés, la prévision pour 2026 marque une inversion de tendance.
« Une augmentation de 4 % des embauches est attendue en 2026 », indique Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec. Les services à forte valeur ajoutée, qui concentrent près de la moitié des recrutements prévus, progresseraient de 6 %. L’industrie et la construction contribueraient également au redémarrage avec une hausse de 3 %, tandis que le commerce reculerait de 2 %.
L’informatique demeure la première fonction recruteuse avec 61 160 embauches attendues, en progression de 4 % sur un an. Les besoins portent notamment sur la transformation numérique, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le développement logiciel et la gestion des données. « Quand l’informatique va, tout va ! », résume Hélène Garner, directrice des données et des études de l’Apec.
Ce rebond intervient toutefois après un recul marqué. Entre 2023 et 2025, les recrutements de cadres informaticiens ont diminué de 21 %, soit la plus forte baisse parmi les grandes fonctions. La reprise annoncée ne compense donc qu’une partie des postes perdus depuis le pic de 2023.
Les études, la recherche et le développement occupent la deuxième place avec 52 000 recrutements, en hausse de 7 %. L’ingénierie-R&D concentre 64 % de ces embauches. La demande progresse notamment dans l’automobile, l’aéronautique et les matériels de transport, où les recrutements augmenteraient de 12 %, ainsi que dans l’énergie, attendue en hausse de 7 %.
Le commercial et le marketing arrivent au troisième rang avec 51 990 recrutements, soit 17 % de l’ensemble des embauches de cadres. Les entreprises cherchent à renforcer leurs capacités de vente et de développement pour accompagner la reprise de l’activité. La maîtrise des outils numériques, des données clients et des usages professionnels de l’intelligence artificielle complète désormais les compétences commerciales traditionnelles.
La finance, la comptabilité, le contrôle de gestion et l’audit représentent 36 700 recrutements. Ces fonctions répondent aux besoins de pilotage des coûts, de conformité et d’aide à la décision. L’administration, les ressources humaines, la communication et le juridique complètent les cinq fonctions les plus recherchées avec 27 520 embauches prévues.
À elles seules, l’informatique, la R&D et les fonctions commerciales concentrent 165 150 recrutements, soit 54 % du total attendu. Cette concentration pousse les employeurs à hiérarchiser leurs besoins, à sécuriser les compétences rares et à adapter leurs propositions aux marchés professionnels les plus concurrentiels.
La reprise apparaît plus limitée pour les cadres comptant moins de six années d’expérience. Leurs recrutements atteindraient 137 610 en 2026, en progression de seulement 1 % par rapport à 2025 et encore loin des 157 100 embauches de 2023. Le redémarrage profiterait donc davantage aux profils expérimentés et immédiatement opérationnels.
Ces prévisions restent sensibles à l’évolution du contexte international, des prix de l’énergie, de l’inflation et des taux d’intérêt. Elles dessinent néanmoins une reprise ciblée sur le numérique, l’innovation, le développement commercial, le pilotage financier et les fonctions support.




