L’atelier « Research, deep tech, talent and global competitiveness », organisé le 18 juin 2026 dans la Future of Industries Arena de VivaTech, a placé la recherche intensive au centre du débat sur la souveraineté technologique européenne. Pendant vingt-cinq minutes, l’Université PSL a défendu une conviction nette : l’Europe ne pourra peser durablement dans la compétition mondiale sans une capacité plus forte à transformer ses avancées scientifiques en entreprises, en brevets, en technologies stratégiques et en emplois qualifiés.
La session réunissait El Mouhoub MOUHOUD, président de l’Université PSL, Isabelle RYL, directrice du cluster IA PR[AI]RIE et conseillère IA du président, ainsi que Michael TATOULIAN, vice-président délégué à l’innovation. Leur intervention a montré comment une université de recherche peut devenir un acteur économique à part entière. PSL participait pour la première fois à VivaTech avec un stand dédié et une vingtaine de start-ups issues de ses laboratoires, une présence qui traduit une volonté claire : rendre visible le continuum entre recherche fondamentale, innovation deeptech et développement entrepreneurial.
El Mouhoub MOUHOUD a replacé le sujet dans le champ de la compétitivité globale. La bataille technologique ne se limite plus aux grandes entreprises du numérique. Elle se joue aussi dans la capacité des États, des universités et des écosystèmes d’innovation à attirer les meilleurs talents scientifiques, à financer la recherche de rupture et à convertir les résultats de laboratoire en solutions industrielles. Pour l’Europe, l’enjeu est d’autant plus critique que la concurrence américaine et chinoise s’appuie sur des masses de capitaux, des marchés profonds et des politiques industrielles offensives.
PSL revendique dans ce cadre un modèle de recherche intensive. Avec 2.900 chercheurs, 17.000 étudiants, 140 laboratoires et une dizaine d’incubateurs, l’université dispose d’une base scientifique suffisamment large pour alimenter des projets à fort contenu technologique. L’atelier a insisté sur cette densité académique comme facteur de différenciation. La deeptech ne naît pas d’une logique d’innovation superficielle. Elle repose sur des années de recherche, des compétences rares, des infrastructures scientifiques solides et une capacité à faire dialoguer plusieurs disciplines.
Isabelle RYL a porté l’angle de l’intelligence artificielle, à travers le cluster PR[AI]RIE. En réunissant plus de 125 chercheurs, cette structure constitue l’un des leviers par lesquels PSL entend renforcer la place de la recherche française dans l’IA. L’enjeu dépasse les seuls modèles algorithmiques. Les applications évoquées couvrent la santé, l’énergie, le quantique, l’environnement et les sciences industrielles. Cette diversité montre que l’IA devient une infrastructure transversale de compétitivité, capable d’irriguer plusieurs secteurs à condition d’être adossée à une recherche robuste et à des collaborations industrielles structurées.
Michael TATOULIAN a détaillé le volet innovation et transfert. Son intervention a mis l’accent sur les dispositifs permettant de faire sortir les technologies des laboratoires : pôle innovation, accompagnement entrepreneurial, transfert technologique, incubation, partenariats industriels et appui aux chercheurs porteurs de projets. Cette mécanique reste déterminante pour la deeptech. Une découverte scientifique peut avoir une portée considérable, mais elle ne devient une innovation économique que si elle trouve un modèle de développement, un financement adapté, un accès au marché et une capacité à recruter les profils nécessaires.
Les start-ups présentes sur le stand PSL ont donné une traduction concrète à cette stratégie. Avatar Medical, Pioniq Technologies, Plaskimia, Apneal, Bunka.AI ou Enhance Lab illustrent la diversité des projets issus des établissements membres, de l’ENS-PSL à Chimie ParisTech-PSL, en passant par l’ESPCI Paris-PSL ou l’EPHE-PSL. Santé immersive, intelligence artificielle, matériaux durables, quantique ou technologies environnementales : ces projets montrent que la valorisation de la recherche peut alimenter des secteurs décisifs pour l’autonomie industrielle européenne.
L’atelier a également abordé la question des talents. La compétitivité technologique dépend de la capacité à former des profils capables de circuler entre science, industrie et entrepreneuriat. PSL défend ici une approche hybride : des scientifiques rigoureux, mais aussi capables de comprendre les usages, les marchés, la propriété intellectuelle, le financement et la croissance d’une entreprise technologique. Cette évolution modifie le rôle des universités. Elles ne se limitent plus à transmettre des savoirs ou à produire des publications. Elles deviennent des plateformes de formation, de transfert et d’accélération économique.
Au terme de la session, le message porté par PSL était clair : la souveraineté européenne ne se décrète pas uniquement par des plans publics ou des discours industriels. Elle se construit dans la durée, à partir de laboratoires solides, de talents scientifiques retenus en Europe, de passerelles efficaces vers l’entreprise et d’une capacité à faire émerger des champions deeptech. À VivaTech 2026, PSL n’a pas seulement présenté son écosystème. L’université a rappelé que la compétition mondiale se gagne d’abord par la maîtrise du savoir, puis par la capacité à le transformer en puissance technologique.




