Chargé de la transformation numérique, le ministère développe ces outils avec Mistral dans un partenariat pluriannuel. Ces premiers résultats s’inscrivent dans la stratégie « Maroc Digital 2030 » et la feuille de route « AI Made in Morocco », qui visent une intelligence artificielle souveraine, responsable et adaptée aux réalités linguistiques et culturelles du Royaume.
Le premier modèle est un classificateur capable d’identifier la langue et de distinguer plusieurs dialectes arabes, dont la darija marocaine. Cette fonction permet de reconnaître la variété linguistique utilisée dans les données traitées, une première brique destinée aux équipes qui conçoivent des applications prenant en compte les usages locaux, notamment dans les services publics et les entreprises.
Le second modèle, baptisé « Voxtral », est consacré à la reconnaissance automatique de la parole en darija et transforme des contenus oraux en texte. Il prend en charge l’alternance linguistique entre l’arabe, le français et l’anglais, afin de traiter des échanges dans lesquels plusieurs langues sont utilisées, une caractéristique importante pour les activités mobilisant des données multilingues.
Les administrations, les startups, les chercheurs, les développeurs et les entreprises figurent parmi les destinataires de ces outils, dont la disponibilité en open source est annoncée comme prochaine. Ils doivent pouvoir s’appuyer sur ces modèles pour développer leurs propres solutions, la mise à disposition portant sur des composants techniques à intégrer dans des applications adaptées aux besoins des utilisateurs.
Le support client fait partie des domaines expressément cités parmi les perspectives d’utilisation, aux côtés des services publics et du traitement de données multilingues. Les deux modèles apportent des fonctions distinctes, l’identification des dialectes et la transcription vocale, que les équipes techniques pourront mobiliser dans la conception de services comprenant mieux les langues employées lors des échanges.
La digitalisation documentaire constitue un autre champ annoncé, avec la possibilité de convertir la parole en texte et de traiter des contenus multilingues. Ces fonctions ouvrent des perspectives pour les activités de gestion de l’information, tandis que l’éducation et les médias sont également mentionnés parmi les secteurs susceptibles de développer des applications à partir des modèles présentés.
Le développement des compétences de l’écosystème national figure parmi les objectifs associés à cette ouverture, en donnant aux acteurs locaux des outils adaptés aux langues du Royaume. Le ministère entend rapprocher les solutions numériques des usages quotidiens, avec une démarche associant innovation locale et inclusion, afin que la langue constitue moins un obstacle dans l’accès aux services.
Le MTNRA souligne vouloir développer une intelligence artificielle « utile, souveraine et adaptée aux réalités marocaines », en améliorant progressivement la compréhension de la darija et des langues nationales. Ces réalisations complètent les solutions qu’il conçoit et entraîne en interne pour alimenter sa place de marché d’intelligence artificielle et répondre aux besoins des administrations et des services publics.
D’autres modèles et cas d’usage sont en cours de développement dans le cadre du partenariat, notamment en intelligence artificielle générative, en traitement du langage et en reconnaissance vocale. Les travaux doivent également porter sur les services publics numériques, tandis que la prochaine étape annoncée pour les deux modèles reste leur publication en open source.




