Un million d’emplois nets en cinq ans. C’est l’un des objectifs les plus structurants du programme présenté par le Parti authenticité et modernité pour la législature 2027-2031. Rapporté à la durée du mandat, cet engagement représente une moyenne théorique de 200 000 créations nettes d’emplois par an.
Le parti ne présente toutefois pas cet objectif comme un volume uniforme réparti entre les différents secteurs. Une partie importante des créations attendues serait directement liée aux investissements programmés au Maroc au cours des prochaines années.
Le PAM attribue ainsi 360 000 emplois aux activités et infrastructures associées à la Coupe du monde 2030. Les services à forte valeur ajoutée et les activités tournées vers l’export devraient contribuer à hauteur de 270 000 emplois supplémentaires, tandis que l’industrie concentrerait 250 000 créations.
Le programme ajoute à cette architecture l’installation de 80 000 jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux ainsi que la création de 40 000 emplois dans le sport et les loisirs.
L’addition de ces différents objectifs illustre la volonté de diversifier les moteurs de l’emploi. Elle pose cependant une question centrale : la capacité de l’économie marocaine à transformer une accélération de l’investissement en emplois durables, au-delà des besoins temporaires générés par les grands projets d’infrastructures.
Les engagements clés du programme PAM 2027-2031
| Engagement | Objectif annoncé | Horizon ou volume |
|---|---|---|
| Création d’emplois | 1 million d’emplois nets | 2027-2031 |
| Rythme moyen théorique | 200 000 emplois nets par an | Sur cinq ans |
| Taux de chômage | 7 % | 2031 |
| Croissance économique | 5 % par an en moyenne | 2027-2031 |
| Coupe du monde 2030 | 360 000 emplois | Activités et infrastructures |
| Services à forte valeur ajoutée et export | 270 000 emplois | Sur la législature |
| Industrie | 250 000 emplois | Sur la législature |
| Jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux | 80 000 installations | Sur cinq ans |
| Sport et loisirs | 40 000 emplois | Sur cinq ans |
| Premières expériences professionnelles | 500 000 jeunes | 2027-2031 |
| Formation et reconversion | 500 000 parcours | Sur cinq ans |
| Mobilités professionnelles au Maroc | 250 000 | Sur cinq ans |
| Mobilités professionnelles internationales | 125 000 | Sur cinq ans |
| Entreprises émergentes accompagnées | 60 000 | Jusqu’à deux ans |
| Marchés publics réservés aux PME | 15 % de la valeur | Inscription proposée dans la loi |
| Taux d’activité féminin | 21,2 % | 2031 |
| Coût global du programme | 350 milliards de DH | Sur cinq ans |
Tableau 1 : Principaux engagements économiques, sociaux et liés à l’emploi annoncés par le PAM pour la période 2027-2031.
Un million d’emplois pour ramener le chômage à 7 %
Le programme économique du PAM repose sur une hypothèse de croissance annuelle moyenne de 5 % entre 2027 et 2031. Cette progression de l’activité doit contribuer à ramener le taux de chômage national de 10,8 % à 7 % à la fin de la période.
Le lien entre croissance et emploi constitue ainsi l’un des principaux piliers du dispositif. Le parti mise sur le développement de nouvelles zones industrielles et zones d’activités, la mise à disposition de foncier économique aménagé ainsi que le renforcement des mécanismes de financement des entreprises.
Les instruments de garantie bancaire et de capital-investissement doivent notamment être étendus afin de faciliter l’accès des entreprises aux ressources nécessaires à leur développement.
Le programme prévoit également la généralisation de contrats-programmes régionaux. L’objectif consiste à adapter les politiques d’investissement aux caractéristiques économiques de chaque territoire plutôt que de reproduire les mêmes mécanismes d’accompagnement sur l’ensemble du pays.
Cette approche territoriale doit permettre de mieux prendre en compte les spécialisations locales, les filières industrielles existantes, les ressources agricoles, les infrastructures disponibles et les besoins en compétences.
L’un des enjeux sera cependant de mesurer la nature des emplois effectivement créés. Un million d’emplois nets ne signifie pas nécessairement un million d’emplois salariés permanents. Le programme intègre également l’entrepreneuriat, l’agriculture, les activités rurales et certaines formes de travail indépendant.
La qualité de l’emploi, son niveau de formalisation, sa stabilité et son niveau de rémunération constitueront donc des indicateurs complémentaires au simple nombre de postes créés.
500 000 premières expériences professionnelles pour les jeunes
Le deuxième axe structurant concerne l’entrée des jeunes sur le marché du travail.
Le PAM propose la création d’un « Parcours d’insertion » destiné en priorité aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Le dispositif reposerait sur une plateforme de suivi baptisée « Massar Intégration », sur laquelle 300 000 jeunes devraient être inscrits chaque année.
Cette plateforme aurait vocation à coordonner plusieurs étapes : diagnostic de la situation du bénéficiaire, orientation, formation, accompagnement vers l’emploi puis suivi après l’intégration professionnelle.
Le volume annoncé représente potentiellement 1,5 million d’inscriptions sur cinq ans, même si une partie des bénéficiaires pourrait être suivie sur plusieurs exercices.
Le dispositif est complété par un objectif de 500 000 premières expériences professionnelles entre 2027 et 2031. Le parti propose pour cela la mise en place d’un mécanisme de « premier contrat de travail ».
L’objectif est directement lié à l’une des difficultés persistantes du marché du travail : l’écart entre la formation initiale et l’expérience exigée par les recruteurs.
Pour de nombreux jeunes diplômés, l’accès au premier emploi constitue précisément le principal obstacle. Les entreprises recherchent une première expérience professionnelle tandis que les candidats ont besoin d’être recrutés pour pouvoir l’acquérir.
Le programme cherche à intervenir sur ce point de blocage en donnant aux jeunes une première expérience professionnelle susceptible d’améliorer ensuite leur employabilité.
L’efficacité du dispositif dépendra toutefois de ses modalités opérationnelles. La durée des premiers contrats, leur niveau de rémunération, les éventuelles incitations accordées aux employeurs et le taux de transformation de ces expériences en emplois durables seront déterminants.
Un programme massif de première expérience peut faciliter l’entrée des jeunes dans l’emploi. Il peut également produire des effets limités s’il se contente de multiplier les contrats temporaires sans déboucher sur une insertion durable.
Formation professionnelle : 500 000 parcours en cinq ans
La formation constitue un autre pilier du programme.
Le PAM souhaite porter la capacité annuelle de la formation professionnelle entre 150 000 et 200 000 bénéficiaires. Sur l’ensemble de la période 2027-2031, 500 000 parcours de formation ou de reconversion devraient être organisés.
Le parti insiste sur l’adaptation des compétences aux besoins réels des secteurs productifs. La question ne porte donc pas uniquement sur le nombre de personnes formées, mais sur l’alignement entre les programmes pédagogiques et les besoins des entreprises.
Cet enjeu devient particulièrement important dans les secteurs confrontés à des transformations technologiques rapides.
Le programme prévoit ainsi un plan national consacré à l’intelligence artificielle ainsi que la formation de 5 000 formateurs spécialisés. Ces compétences devraient progressivement être introduites dans différents niveaux du système éducatif et de la formation professionnelle.
La logique est double. Elle consiste d’abord à préparer une partie de la population active aux métiers directement liés aux technologies numériques.
Elle vise également à diffuser l’usage de l’intelligence artificielle dans des métiers qui ne sont pas nécessairement technologiques mais dont les pratiques évolueront sous l’effet de l’automatisation.
Cette orientation suppose toutefois une actualisation régulière des programmes.
Dans les métiers numériques, un cursus conçu plusieurs années avant sa mise en œuvre peut rapidement devenir partiellement obsolète.
L’implication directe des entreprises dans la définition des compétences et l’évaluation des programmes deviendra donc déterminante.
250 000 mobilités professionnelles au Maroc et 125 000 à l’international
Le programme aborde également la question de la mobilité géographique.
Un « Passeport de mobilité professionnelle » devrait accompagner 250 000 mobilités à l’intérieur du Maroc. L’objectif consiste à permettre à des candidats de rejoindre des bassins d’emploi différents de leur lieu de résidence lorsque les opportunités disponibles y sont plus importantes.
Cette mobilité professionnelle serait accompagnée d’un fonds public de garantie locative destiné à financer 100 000 solutions de logement.
Cette mesure répond à une contrainte souvent sous-estimée dans les politiques d’emploi : accepter un poste dans une autre ville suppose de pouvoir financer immédiatement un logement, une caution, des frais de transport et une période de transition.
Le coût de la mobilité peut ainsi empêcher un candidat d’accepter une opportunité pourtant disponible.
Le PAM prévoit parallèlement 125 000 mobilités professionnelles internationales encadrées par des accords bilatéraux.
Cette politique devrait organiser une partie de la mobilité vers des marchés étrangers exprimant des besoins de main-d’œuvre.
L’enjeu sera de trouver un équilibre entre l’ouverture de débouchés internationaux aux compétences marocaines et la préservation des ressources humaines nécessaires au développement économique national.
15 % de la valeur des marchés publics réservés aux PME
Pour les entreprises, l’une des propositions les plus structurantes concerne la commande publique.
Le PAM propose d’inscrire dans la loi un quota réservant 15 % de la valeur des marchés publics aux PME.
Une telle mesure pourrait représenter un changement important pour de nombreuses petites et moyennes entreprises.
L’accès aux marchés publics reste un enjeu déterminant pour les structures disposant de capacités techniques mais ne possédant ni la taille financière ni les références permettant de concurrencer les grandes entreprises sur certains appels d’offres.
La réservation d’une partie de la commande publique pourrait contribuer à élargir le nombre de PME travaillant avec l’État, les établissements publics et les collectivités territoriales.
Le principal enjeu concernera toutefois les critères retenus pour définir les entreprises éligibles et les modalités d’application du quota.
Réserver 15 % de la valeur des marchés peut produire des effets très différents selon que cette proportion est calculée sur l’ensemble de la commande publique, par ministère, par établissement ou par catégorie de marchés.
L’allotissement constituera également un élément déterminant.
Les marchés de grande taille peuvent difficilement être accessibles aux PME s’ils ne sont pas divisés en lots compatibles avec leurs capacités financières, techniques et organisationnelles.
Les délais de paiement auront également une importance directe.
L’obtention d’un marché public ne constitue réellement une opportunité pour une petite entreprise que si celle-ci dispose de suffisamment de trésorerie pour financer l’exécution du contrat avant le paiement.
60 000 entreprises émergentes accompagnées
Le programme prévoit parallèlement d’accompagner 60 000 entreprises émergentes pendant une période pouvant atteindre deux ans.
Cet accompagnement pourrait combiner incubation, garanties bancaires et accès facilité à la commande publique.
L’objectif traduit une volonté de travailler sur la pérennisation des jeunes entreprises plutôt que sur leur seule création.
Le développement d’une entreprise dépend rarement d’un seul facteur. L’accès au financement constitue un enjeu important, mais la capacité commerciale, la gestion financière, le recrutement, la structuration interne et l’accès aux premiers clients sont également déterminants.
L’accès à la commande publique pourrait donc jouer un rôle particulier.
Pour une jeune entreprise, obtenir un premier contrat significatif permet non seulement de générer du chiffre d’affaires, mais également de construire des références utilisables auprès de futurs clients.
Le programme prévoit également une incitation fiscale pour les microentreprises et les petites entreprises créant au moins trois emplois.
Ces structures pourraient bénéficier d’une exonération de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans.
La mesure cherche ainsi à conditionner l’avantage fiscal à une contribution directe à l’emploi.
Son impact dépendra toutefois du profil des entreprises concernées.
Pour une entreprise qui ne réalise pas encore de bénéfices, une exonération d’impôt sur les sociétés produit peu d’effet au cours des premières années.
L’accès au financement et au marché peut alors représenter un soutien plus déterminant que l’incitation fiscale elle-même.
80 000 jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux
Le développement territorial constitue un autre axe du programme.
Le PAM fixe un objectif d’installation de 80 000 jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux.
Le dispositif serait soutenu par 1,2 milliard de dirhams de crédits sans intérêts chaque année.
Cette orientation cherche à favoriser la création d’activités économiques dans les territoires d’origine et à réduire les mobilités contraintes par l’absence d’opportunités locales.
Le succès d’un tel dispositif dépendra néanmoins de l’accompagnement non financier proposé aux bénéficiaires.
L’accès au crédit peut permettre de lancer une activité.
Sa pérennité dépend ensuite de la capacité à vendre, à accéder aux marchés, à maîtriser les coûts, à développer les compétences de gestion et à intégrer des chaînes de valeur suffisamment rémunératrices.
L’enjeu consiste donc moins à multiplier les créations de petites activités qu’à permettre à une partie d’entre elles de grandir, de recruter et de devenir progressivement de véritables PME.
Le taux d’activité féminin visé à 21,2 %
Le programme fixe également une cible spécifique concernant la participation des femmes au marché du travail.
Le PAM souhaite porter le taux d’activité féminin de 17,5 % en 2026 à 21,2 % en 2031.
Cette progression resterait graduelle mais représenterait plusieurs centaines de milliers de femmes supplémentaires entrant potentiellement sur le marché du travail.
Le programme associe cet objectif aux politiques de formation, de mobilité professionnelle, d’entrepreneuriat et de développement des services de proximité.
Le maintien des femmes dans l’emploi dépend cependant de plusieurs facteurs dépassant directement les politiques de recrutement.
Les solutions de garde d’enfants, les transports, l’organisation du travail, la flexibilité horaire ou encore la localisation des opportunités professionnelles influencent directement leur taux d’activité.
Le document aborde dans cette perspective le développement du télétravail et des horaires flexibles.
Ces nouvelles organisations devront néanmoins être encadrées. Leur généralisation suppose des règles précises concernant le temps de travail, la disponibilité des collaborateurs, les responsabilités de l’employeur, la protection sociale et les conditions d’exercice du travail en dehors des locaux de l’entreprise.
350 milliards de dirhams sur cinq ans
L’ensemble du programme est évalué à 350 milliards de dirhams entre 2027 et 2031, soit une moyenne de 70 milliards de dirhams par an.
Le schéma de financement présenté repose très largement sur les recettes supplémentaires attendues de la croissance économique.
Sur les 350 milliards annoncés, 300 milliards devraient provenir de ces recettes additionnelles.
Les collectivités territoriales contribueraient à hauteur de 40 milliards de dirhams à travers le Fonds de TVA, tandis que 10 milliards seraient dégagés grâce à la rationalisation des dépenses publiques.
La structure du financement signifie que l’exécution du programme dépend fortement de la réalisation de l’hypothèse de croissance de 5 % par an.
Si la croissance est inférieure aux prévisions, les recettes fiscales supplémentaires pourraient également être moins importantes et réduire les marges de financement disponibles.
La question ne portera donc pas uniquement sur le coût nominal des engagements, mais sur leur séquençage et leur priorisation au cours de la législature.
Les dispositifs liés à l’emploi, à la formation et aux PME nécessiteront par ailleurs plusieurs opérateurs publics, ministères, collectivités territoriales et organismes de financement.
Leur coordination constituera l’un des principaux facteurs de réussite.
Le programme du PAM pourra ainsi être évalué à travers une série relativement claire d’indicateurs : nombre d’emplois nets créés, évolution du chômage, nombre de premiers contrats de travail, parcours de formation et de reconversion, progression du taux d’activité féminin, entreprises accompagnées, jeunes entrepreneurs installés et part des PME dans la commande publique.
L’ambition affichée est élevée. Le véritable test se situera toutefois dans la capacité à transformer ces engagements chiffrés en dispositifs opérationnels, puis à mesurer leur impact réel sur l’emploi. Entre l’annonce d’un million d’emplois et leur création effective, l’enjeu principal restera celui de l’exécution, de la qualité des emplois produits et de la capacité des petites entreprises à devenir l’un des principaux moteurs de cette dynamique.
Les principales mesures annoncées par le PAM pour 2027-2031
- Créer un million d’emplois nets entre 2027 et 2031.
- Ramener le taux de chômage de 10,8 % à 7 % à l’horizon 2031.
- Viser une croissance annuelle moyenne de 5 %.
- Créer 360 000 emplois dans les activités et infrastructures liées à la Coupe du monde 2030.
- Créer 270 000 emplois dans les services à forte valeur ajoutée et les activités exportatrices.
- Créer 250 000 emplois industriels.
- Installer 80 000 jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux.
- Créer 40 000 emplois dans le sport et les loisirs.
- Proposer 500 000 premières expériences professionnelles aux jeunes entre 2027 et 2031.
- Inscrire jusqu’à 300 000 jeunes par an sur la plateforme « Massar Intégration ».
- Organiser 500 000 parcours de formation ou de reconversion sur cinq ans.
- Porter la capacité annuelle de la formation professionnelle à 150 000 à 200 000 bénéficiaires.
- Former 5 000 formateurs spécialisés en intelligence artificielle.
- Accompagner 250 000 mobilités professionnelles à l’intérieur du Maroc.
- Encadrer 125 000 mobilités professionnelles internationales à travers des accords bilatéraux.
- Financer 100 000 solutions de logement grâce à un fonds public de garantie locative destiné à faciliter la mobilité professionnelle.
- Réserver dans la loi 15 % de la valeur des marchés publics aux PME.
- Accompagner 60 000 entreprises émergentes pendant une durée pouvant atteindre deux ans.
- Accorder aux microentreprises et petites entreprises créant au moins trois emplois une exonération de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans.
- Mobiliser davantage de foncier industriel et économique aménagé et développer de nouvelles zones d’activités.
- Renforcer les mécanismes de garantie bancaire et de capital-investissement.
- Mettre en place des contrats-programmes régionaux adaptés aux besoins économiques des territoires.
- Consacrer 1,2 milliard de dirhams par an de crédits sans intérêts à l’installation des jeunes agriculteurs et entrepreneurs ruraux.
- Porter le taux d’activité féminin de 17,5 % en 2026 à 21,2 % en 2031.
- Développer le télétravail et les horaires flexibles dans le cadre de nouvelles formes d’organisation du travail.
- Mobiliser au total 350 milliards de dirhams sur la période 2027-2031.
- Financer le programme à hauteur de 300 milliards de dirhams grâce aux recettes supplémentaires attendues de la croissance, 40 milliards via les collectivités territoriales et le Fonds de TVA et 10 milliards grâce à la rationalisation des dépenses publiques.




