Fenese Otomotiv veut faire du Maroc l’un des relais de son développement international. Son directeur général, Rifat Gülseven, a annoncé l’achèvement de l’étude de faisabilité de la future unité. Cette implantation doit rapprocher la production des marchés ciblés, réduire les délais logistiques et faciliter l’accès aux constructeurs automobiles présents dans plusieurs régions.
Les huit millions d’euros annoncés couvrent le programme d’investissement global de l’entreprise jusqu’à fin 2027. Leur répartition entre les installations de Bursa et le futur établissement marocain n’a pas été précisée. Le groupe poursuit également son expansion en Roumanie et au Mexique, tout en développant de nouvelles relations commerciales en Amérique du Sud.
Spécialisée dans les pièces automobiles en tôle et en plastique, l’entreprise fabrique aussi des moules et des montages de contrôle. Elle a regroupé ses cinq unités de Bursa dans une structure intégrée et investi dans des presses de transfert, une installation de cataphorèse et une unité de peinture en poudre.
Ces activités donnent une première indication des métiers susceptibles d’être mobilisés au Maroc. La production pourrait nécessiter des conducteurs de lignes, régleurs de presses, techniciens de maintenance, spécialistes de l’injection plastique, moulistes, automaticiens et opérateurs de traitement de surface. Des profils en métrologie, qualité, logistique, méthodes industrielles et santé-sécurité seraient également nécessaires.
Le volume des recrutements dépendra des capacités installées et du niveau d’automatisation. Avec une superficie annoncée de 25 000 m², l’opération pourrait néanmoins générer des emplois directs dans la fabrication, ainsi que des besoins indirects dans la maintenance, le transport, les services techniques et l’approvisionnement.
Pour les directions RH, la préparation des compétences devra précéder le démarrage de la production. La cataphorèse, la peinture industrielle, l’injection plastique et la fabrication de moules exigent une maîtrise des procédés, de la traçabilité et des règles de prévention. La formation pourra s’appuyer sur les Instituts de formation aux métiers de l’industrie automobile de Tanger et de Kénitra, qui couvrent notamment l’injection plastique, la maintenance, les systèmes automatisés, la mécanique, la logistique et la qualité.
Les besoins en ingénierie et en encadrement pourraient également mobiliser les diplômés de l’ENSET de Mohammedia, qui propose des cursus en génie industriel, logistique, mécanique et contrôle des systèmes industriels. L’ENSAM de Meknès forme, de son côté, des ingénieurs en électromécanique, maintenance et digitalisation industrielle. Ces établissements pourraient contribuer à la constitution d’un vivier adapté, complété par le transfert de savoir-faire depuis Bursa.
Fenese Otomotiv mène parallèlement des discussions avancées avec un constructeur international. Leur aboutissement permettrait à l’équipementier de fournir directement des entreprises OEM et de porter ses exportations de 30 % à 50 %. Les équipes marocaines devraient alors respecter les standards applicables aux fournisseurs directs : audits réguliers, maîtrise documentaire, qualité constante et strict respect des délais.
L’entreprise développe aussi des composants pour véhicules électriques, qui représentent actuellement près de 5 % de sa production. La progression envisagée de cette activité renforcerait les besoins en ingénierie produit, industrialisation, matériaux, contrôle dimensionnel et amélioration continue.
Au-delà du recrutement, l’enjeu portera sur la constitution d’un encadrement local capable de piloter la montée en cadence. Responsables d’atelier, ingénieurs méthodes, superviseurs qualité et managers de proximité devront adapter les standards du groupe à l’organisation marocaine et stabiliser les équipes.
La portée du projet pour l’emploi pourra être précisée lorsque Fenese Otomotiv aura communiqué la localisation retenue, le calendrier de construction, les capacités de production et les effectifs prévisionnels. Son annonce confirme néanmoins l’élargissement de l’écosystème automobile marocain vers des activités associant métallurgie, plasturgie, traitement de surface et production exportatrice.




