Le conflit remonte à mars 2026, lorsque la direction du Groupement sanitaire territorial (GST) de Souss-Massa a lancé un mouvement de mobilité interne vers le Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir. Les réaffectations concernaient des fonctionnaires relevant des corps médical, paramédical, technique et administratif.
Les agents visés ont contesté leur transfert et refusé de prendre leurs nouvelles fonctions. La direction a ensuite procédé à des convocations individuelles pour leur demander de rejoindre leur poste, sans parvenir à débloquer la situation. Le différend porte désormais sur 110 fonctionnaires, soutenus par plusieurs organisations syndicales.
Les salaires des agents concernés auraient continué à être versés depuis mars malgré l’absence de prise de fonction dans les services d’affectation. Quatre fonctionnaires se trouveraient actuellement à l’étranger. Le dossier relève également le cas d’un médecin rattaché au CHU qui n’aurait effectué aucune intervention chirurgicale depuis 2019.
Ces dysfonctionnements administratifs interviennent alors que plusieurs unités hospitalières manquent de personnel. Le service des urgences, point d’entrée des patients d’Agadir et de plusieurs provinces du sud, fonctionnerait par moments avec seulement six infirmiers. Cet effectif doit assurer l’accueil et la prise en charge d’un flux de patients provenant d’un territoire étendu.
Le service d’oncologie aurait, pour sa part, fonctionné avec deux infirmières pendant la période estivale. Les besoins concernent aussi les techniciens et les assistants sociaux. L’écart entre les effectifs inscrits administrativement et les collaborateurs effectivement présents pèse ainsi sur l’organisation des soins et sur les équipes en activité.
La situation alimente également la contestation de diplômés en soins infirmiers actuellement sans emploi. Ceux-ci dénoncent l’absence d’opportunités d’intégration professionnelle alors que les services hospitaliers de la région signalent des besoins en personnel. Le conflit fait ainsi apparaître simultanément des postes insuffisamment pourvus, des agents non opérationnels et des diplômés disponibles sur le marché du travail.
Face au maintien du refus, l’administration du GST prépare l’ouverture de procédures d’abandon de poste contre les fonctionnaires n’ayant pas rejoint leur affectation. Cette démarche doit concerner les agents médicaux, paramédicaux, techniques et administratifs inscrits dans le mouvement de mobilité lancé en mars.
Les syndicats contestent cependant les conditions dans lesquelles ces mutations ont été décidées. Le bureau régional du Syndicat national de la santé, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), qualifie les transferts d’« arbitraires ». Il reproche à la direction de ne pas avoir appliqué les mécanismes de concertation précédemment utilisés pour répartir les ressources humaines entre les établissements.
L’organisation syndicale propose de rétablir un système permettant aux fonctionnaires de choisir, au moyen d’une application, parmi les postes vacants recensés. Elle réclame aussi des réunions dans les provinces et les zones sanitaires afin d’établir les besoins avant l’examen des mutations par une commission commune.
Les représentants syndicaux ont quitté une réunion consacrée aux prévisions de recrutement après le refus d’inscrire le dossier des mutations à l’ordre du jour. La plupart des organisations présentes ont adopté la même position. Le règlement du conflit dépend désormais du traitement des 110 affectations, de la procédure envisagée par l’administration et de la reprise du dialogue sur la répartition des effectifs dans les structures sanitaires de Souss-Massa.




