Un million d’emplois nets en cinq ans. C’est l’objectif central retenu par le Parti du progrès et du socialisme pour la prochaine législature, soit une moyenne théorique de 200 000 créations nettes par an.
Cette trajectoire doit permettre de ramener le taux de chômage national sous le seuil de 10 % à l’horizon 2031 et celui des diplômés sous 12 %. Le programme repose parallèlement sur une hypothèse de croissance économique annuelle de 5 %.
Selon les projections du parti, le produit intérieur brut passerait ainsi de 1 812 milliards de dirhams en 2026 à 2 443 milliards en 2031.
L’emploi ne constitue toutefois qu’une partie de la feuille de route. Le PPS associe politique salariale, indemnisation du chômage, participation des salariés aux bénéfices, formalisation du travail, recherche, soutien aux startups et renforcement des services publics.
Le coût de l’ensemble est désormais chiffré à 575 milliards de dirhams de dépenses supplémentaires sur cinq ans, soit environ 115 milliards par an. En face, le parti estime pouvoir mobiliser 622 milliards de dirhams de recettes fiscales additionnelles sur la législature.
Les principaux engagements du PPS pour 2027-2031
| Engagement | Objectif annoncé | Horizon ou budget |
|---|---|---|
| Créations nettes d’emplois | 1 million | Cinq ans |
| Créations nettes moyennes | 200 000 par an | 2027-2031 |
| Croissance économique | 5 % par an | Sur la législature |
| PIB | De 1 812 à 2 443 MMDH | 2026-2031 |
| Chômage national | Moins de 10 % | 2031 |
| Chômage des diplômés | Moins de 12 % | 2031 |
| SMIG, SMAG et salaires publics | +15 % | Deux étapes |
| Activité des femmes | De 19 % à 25 % | Sur cinq ans |
| Jeunes NEET | Réduction de moitié | Plan de 15 MMDH |
| Emploi informel | -20 % | Cinq ans |
| Indemnité pour perte d’emploi | Jusqu’à 12 mois | Plafond de 7 500 DH |
| Médecins | 15 000 recrutements | 3 000 par an |
| Infirmiers et techniciens | 33 500 recrutements | 6 700 par an |
| Enseignants | 90 000 recrutements | 18 000 par an |
| Recherche et développement | 1,5 % du PIB | D’ici 2031 |
| Dépenses publiques supplémentaires | 575 MMDH | Cinq ans |
| Recettes fiscales supplémentaires | 622 MMDH | Cinq ans |
Tableau 1 : principales projections économiques, sociales et liées à l’emploi du programme gouvernemental 2027-2031 du PPS.
Un million d’emplois adossé à une croissance de 5 %
Le passage du chômage sous 10 % repose d’abord sur la création nette d’un million de postes.
La notion d’emploi net est essentielle. Elle implique de soustraire des recrutements réalisés les emplois supprimés au cours de la même période. Un million d’embauches ne correspond donc pas nécessairement à un million d’emplois supplémentaires dans l’économie.
L’évaluation devra également tenir compte de l’évolution de la population active.
Le PPS souhaite notamment porter le taux d’activité féminin de 19 % à 25 %. Cette progression contribuerait, selon le programme, à porter le taux d’activité national à 47 %.
L’entrée de nouvelles personnes sur le marché du travail peut cependant produire un paradoxe statistique : l’emploi peut progresser sans que le chômage baisse immédiatement dans les mêmes proportions si le nombre de personnes recherchant un emploi augmente parallèlement.
La qualité des postes constituera donc un indicateur complémentaire. Leur stabilité, leur niveau de rémunération, leur déclaration sociale et leur répartition entre les territoires permettront de mesurer plus précisément la portée de l’objectif annoncé.
Deux hausses salariales de 7,5 %
Le PPS détaille également le calendrier de sa politique salariale.
Le SMIG, le SMAG et les traitements de la fonction publique seraient relevés de 7,5 % en 2027, puis à nouveau de 7,5 % en 2030. Les évolutions ultérieures seraient liées à l’inflation.
Le parti vise ainsi une amélioration d’au moins 15 % du pouvoir d’achat de la classe moyenne.
L’impact réel dépendra toutefois de l’évolution des principaux postes de dépenses des ménages : alimentation, logement, transport, énergie, santé ou éducation.
Dans le secteur privé, les conséquences pourraient dépasser les seuls collaborateurs rémunérés au minimum légal.
Une hausse du SMIG peut réduire les écarts entre les rémunérations d’entrée et celles de salariés disposant de davantage d’expérience ou de responsabilités.
Les directions des ressources humaines pourraient alors devoir revoir une partie de leurs grilles afin de préserver une cohérence entre niveaux de salaire, ancienneté, compétences et responsabilités.
L’incidence financière sera également différente selon les secteurs. Les activités à forte intensité de main-d’œuvre supporteront un effet plus important que les entreprises dont les salaires sont déjà largement supérieurs au minimum légal.
L’intéressement deviendrait obligatoire dans certaines entreprises
Le programme introduit également une mesure susceptible de modifier directement les politiques de rémunération.
Les entreprises de plus de 50 salariés réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires devraient instaurer un dispositif d’intéressement aux bénéfices.
Pour les autres entreprises, le mécanisme resterait facultatif et serait accompagné d’avantages fiscaux.
Cette mesure ajouterait une composante variable collective aux rémunérations.
Son application nécessitera cependant de préciser le bénéfice pris comme référence, le pourcentage éventuellement distribué, les règles de partage entre les collaborateurs, la périodicité des versements et les conditions applicables aux entreprises déficitaires.
Le critère de chiffre d’affaires devra également être distingué de celui de rentabilité. Deux entreprises réalisant 50 millions de dirhams de ventes peuvent afficher des résultats financiers très différents.
Pour les DRH, le dispositif devra par ailleurs être articulé avec les primes existantes, les mécanismes de performance individuelle et les politiques de rémunération globale.
Entre 5 % et 10 % des marchés publics pour les startups innovantes
Le PPS prévoit également de réserver entre 5 % et 10 % des marchés publics aux startups innovantes.
Le programme propose parallèlement d’introduire des critères d’innovation dans les appels d’offres.
Pour une jeune entreprise, l’accès à la commande publique peut constituer un outil de développement important. Un premier contrat avec l’État, une collectivité territoriale ou un établissement public permet de générer du chiffre d’affaires mais aussi de construire une référence commerciale.
La portée de cette mesure dépendra toutefois des critères retenus pour définir une startup innovante, de la taille des marchés concernés et des conditions administratives exigées.
Un quota formel n’aura que peu d’impact si les appels d’offres nécessitent des garanties financières, des références historiques ou des volumes que les jeunes entreprises ne peuvent pas assumer.
Le PPS complète ce dispositif par un crédit d’impôt recherche destiné aux entreprises industrielles et technologiques collaborant avec des laboratoires universitaires.
La dépense fiscale consacrée à l’apprentissage et à la recherche serait plafonnée à 400 millions de dirhams par an.
Le financement national de la recherche devrait, de son côté, atteindre 1,5 % du PIB d’ici 2031.
Le parti fixe également une cible de 1 000 brevets universitaires par an.
L’intérêt économique de cette politique devra cependant être apprécié au-delà du nombre de dépôts. Les brevets exploités, les licences accordées aux entreprises, les technologies transférées vers l’industrie et les produits commercialisés permettront de mesurer les retombées effectives de la recherche.
Un plan de 15 milliards de dirhams pour les jeunes NEET
Le programme prévoit une enveloppe spécifique de 15 milliards de dirhams destinée aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.
L’objectif est d’en réduire le nombre de moitié au cours de la législature.
Les outils annoncés comprennent notamment une allocation d’insertion, des formations, des écoles de la deuxième chance et des parcours d’accompagnement vers l’activité.
L’enjeu sera toutefois d’éviter une approche uniforme.
Les jeunes regroupés sous la catégorie NEET présentent des profils très différents : diplômés sans première expérience, jeunes ayant quitté prématurément le système scolaire, personnes éloignées durablement de l’activité ou encore jeunes vivant dans des territoires offrant peu d’opportunités.
Les réponses devront donc être adaptées aux qualifications, aux besoins et à la localisation des bénéficiaires.
Le nombre d’inscriptions dans les programmes ne suffira pas à mesurer les résultats.
Le taux de maintien dans l’emploi ou la formation après six mois ou un an, le revenu obtenu et l’accès à la protection sociale donneront une indication plus précise de la qualité de l’insertion.
Le PPS prévoit également de tripler le taux d’activité des personnes en situation de handicap.
Le programme retient l’intégration de 12 000 personnes par an, soutenue par une enveloppe de 2 milliards de dirhams.
Douze mois d’indemnisation après une perte d’emploi
L’Indemnité pour perte d’emploi constitue un autre volet chiffré.
Sa durée passerait de six à douze mois et son plafond serait porté à 7 500 dirhams mensuels.
Le budget cumulé consacré au dispositif atteindrait 11 milliards de dirhams.
Le nombre de bénéficiaires progresserait progressivement : 50 000 en 2027, puis jusqu’à 200 000 en 2031.
La dépense annuelle passerait parallèlement de 625 millions de dirhams à 4,5 milliards.
| Indicateur | 2027 | 2031 |
|---|---|---|
| Bénéficiaires de l’indemnité | 50 000 | 200 000 |
| Dépense annuelle | 625 MDH | 4,5 MMDH |
| Durée maximale | 12 mois | 12 mois |
| Plafond mensuel | 7 500 DH | 7 500 DH |
Tableau 2 : trajectoire annoncée de l’Indemnité pour perte d’emploi.
Cette couverture offrirait aux salariés une période de sécurisation financière plus longue après une perte involontaire d’emploi.
Son efficacité dépendra cependant fortement de son articulation avec les dispositifs de retour à l’activité.
Une indemnisation plus longue protège le revenu, mais elle ne réduit le chômage que si elle s’accompagne d’orientation, de formation et de mise en relation avec les employeurs.
48 500 recrutements supplémentaires dans la santé
La santé bénéficierait de 47 milliards de dirhams supplémentaires.
Le programme prévoit 15 000 recrutements de médecins, soit 3 000 par an, ainsi que 33 500 recrutements d’infirmiers et techniciens, soit 6 700 par an.
Au total, 48 500 professionnels supplémentaires rejoindraient ainsi le système de santé.
Le PPS prévoit également 9 000 lits hospitaliers, pour un coût estimé à 6,8 milliards de dirhams.
Le reste à charge des ménages assurés devrait passer de 38 % à 25 %.
La couverture médicale serait parallèlement étendue, d’ici à la fin de 2028, aux 8,5 millions de personnes considérées comme encore exclues ou insuffisamment couvertes.
Ces objectifs soulèvent toutefois une question de disponibilité des compétences.
Recruter près de 50 000 professionnels suppose que les capacités de formation permettent de produire suffisamment de médecins, infirmiers et techniciens sur la période, mais également que le système public soit en mesure de les retenir.
90 000 enseignants recrutés sur cinq ans
L’éducation constitue l’autre grand poste de dépenses.
Le programme lui attribue 117 milliards de dirhams supplémentaires.
Le PPS prévoit le recrutement de 18 000 enseignants par an, soit 90 000 sur cinq ans.
Il envisage également la construction ou l’équipement de 30 000 classes supplémentaires et fixe un plafond de 30 élèves par classe dans le primaire et le collège.
| Secteur public | Recrutements annoncés |
|---|---|
| Médecins | 15 000 |
| Infirmiers et techniciens | 33 500 |
| Enseignants | 90 000 |
| Total | 138 500 |
Tableau 3 : principaux recrutements publics explicitement chiffrés dans le programme.
Ces recrutements représentent des engagements budgétaires durables.
Une infrastructure peut nécessiter un investissement ponctuel. Le recrutement d’un fonctionnaire génère en revanche une dépense récurrente de rémunération, de cotisations et, à terme, de retraite.
La soutenabilité du dispositif devra donc être appréciée au-delà de la seule période 2027-2031.
575 milliards de dépenses face à 622 milliards de recettes supplémentaires
Le principal changement apporté par le chiffrage du programme concerne son coût global.
Les volets sociaux représentent 308,5 milliards de dirhams : 124,5 milliards pour l’emploi, la solidarité et la protection sociale, 117 milliards pour l’éducation, 47 milliards pour la santé et 20 milliards pour la culture.
| Politique publique | Dépenses supplémentaires |
|---|---|
| Emploi, solidarité et protection sociale | 124,5 MMDH |
| Éducation | 117 MMDH |
| Santé | 47 MMDH |
| Culture | 20 MMDH |
| Sous-total social | 308,5 MMDH |
| Ensemble des politiques du programme | 575 MMDH |
Tableau 4 : principales dépenses supplémentaires annoncées sur cinq ans.
Ce sous-total ne couvre toutefois pas l’intégralité de la feuille de route. Une fois les autres politiques publiques intégrées, la dépense supplémentaire totale atteindrait 575 milliards de dirhams.
Pour financer cet effort, le PPS anticipe 622 milliards de dirhams de recettes fiscales supplémentaires.
La projection repose notamment sur la croissance économique, 30 milliards de dirhams d’économies réalisées sur les dépenses fiscales, une lutte renforcée contre la fraude et de nouveaux prélèvements portant sur les rentes et la richesse improductive.
L’équilibre du programme dépendra donc directement de la capacité à atteindre les 5 % de croissance retenus dans le scénario économique et à transformer cette progression en recettes budgétaires.
L’écart théorique entre les 622 milliards de recettes supplémentaires et les 575 milliards de dépenses annoncées représente 47 milliards de dirhams sur cinq ans. Cette marge ne pourra toutefois être considérée comme disponible qu’à condition que les recettes attendues soient effectivement mobilisées et que les dépenses restent dans les enveloppes prévues.
Le suivi de l’exécution sera dès lors aussi important que les objectifs initiaux. Emplois nets, salaires réels, activité féminine, insertion des jeunes NEET, nombre de bénéficiaires de l’indemnisation, recrutements dans la santé et l’éducation, part des startups dans la commande publique et progression des recettes fiscales devront être mesurés régulièrement. Le PPS ne présente plus seulement une série d’engagements sociaux : avec 575 milliards de dirhams de dépenses supplémentaires et 622 milliards de recettes attendues, il propose une trajectoire budgétaire complète dont la crédibilité se jouera sur trois paramètres étroitement liés : atteindre 5 % de croissance, convertir cette croissance en emplois et mobiliser effectivement les ressources fiscales prévues.
Les principales mesures annoncées par le PPS pour 2027-2031
- Créer un million d’emplois nets sur cinq ans.
- Viser une croissance économique annuelle de 5 %.
- Faire passer le PIB de 1 812 milliards de dirhams en 2026 à 2 443 milliards en 2031.
- Ramener le chômage national sous 10 % et celui des diplômés sous 12 %.
- Augmenter de 15 % le SMIG, le SMAG et les salaires de la fonction publique, avec une hausse de 7,5 % en 2027 puis de 7,5 % en 2030.
- Porter le taux d’activité des femmes de 19 % à 25 %.
- Réduire de moitié le nombre de jeunes NEET grâce à un plan doté de 15 milliards de dirhams.
- Réduire de 20 % l’emploi informel sur cinq ans.
- Tripler le taux d’activité des personnes en situation de handicap et intégrer 12 000 personnes par an.
- Porter l’Indemnité pour perte d’emploi de six à douze mois, avec un plafond mensuel de 7 500 dirhams.
- Porter progressivement le nombre de bénéficiaires de l’indemnisation à 200 000 en 2031.
- Rendre obligatoire l’intéressement aux bénéfices dans les entreprises de plus de 50 salariés réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires.
- Réserver entre 5 % et 10 % des marchés publics aux startups innovantes.
- Mettre en place un crédit d’impôt recherche pour les entreprises industrielles et technologiques travaillant avec des laboratoires universitaires.
- Porter le financement de la recherche et développement à 1,5 % du PIB.
- Atteindre 1 000 brevets universitaires par an d’ici 2031.
- Mettre en place 12 Cités régionales de la création et accompagner 1 000 entreprises culturelles.
- Faire représenter les industries culturelles 4 % du PIB et générer 150 000 emplois supplémentaires.
- Recruter 15 000 médecins sur cinq ans.
- Recruter 33 500 infirmiers et techniciens.
- Ajouter 9 000 lits hospitaliers.
- Ramener le reste à charge des ménages assurés de 38 % à 25 %.
- Étendre la couverture médicale aux 8,5 millions de personnes encore exclues ou insuffisamment couvertes d’ici fin 2028.
- Recruter 90 000 enseignants, soit 18 000 par an.
- Construire ou équiper 30 000 classes supplémentaires.
- Limiter à 30 élèves les classes du primaire et du collège.
- Mobiliser 575 milliards de dirhams de dépenses publiques supplémentaires sur cinq ans.
- Prévoir 622 milliards de dirhams de recettes fiscales supplémentaires sur la même période.
- Dégager 30 milliards de dirhams d’économies sur les dépenses fiscales et mobiliser des ressources supplémentaires par la lutte contre la fraude ainsi que par de nouveaux prélèvements sur les rentes et la richesse improductive.




