À Mulhouse, les chaînes s’arrêteront du 15 au 30 octobre, alors que les ventes des Peugeot 308 et 408 et de la DS 7 pèsent sur l’activité du site. La direction prévoit aussi de revoir les rythmes de production à partir de novembre, en passant de deux équipes à une équipe et demie, ce qui modifiera l’organisation du travail.
Cette perspective inquiète les représentants du personnel. « La nouvelle 308 ne se vend pas bien », estime Jean-Paul Guy, délégué syndical central adjoint de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). Pour les salariés, les jours d’arrêt annoncés en octobre s’ajoutent donc à la préparation d’un nouveau fonctionnement des ateliers, dont les modalités restent à préciser.
À Rennes, sept journées de chômage partiel sont prévues à la fin d’octobre dans l’usine du Citroën C5 Aircross. Ici, Stellantis ne met pas en cause le niveau des commandes, mais la disponibilité des composants nécessaires à la production. Le site avait interrompu son activité en avril, faute de boîtes de vitesse pour les versions hybrides.
À Sochaux, plusieurs journées de production seront interrompues en octobre sur les lignes des Peugeot 3008 et 5008. Les commandes existent, en particulier pour certaines versions électriques à grande autonomie, mais le rythme de livraison des batteries oblige le constructeur à ajuster son programme. Les plannings des équipes dépendent ainsi de composants qu’il ne peut pas encore recevoir en quantité suffisante.
Ces batteries proviennent notamment d’Automotive Cells Company (ACC), dont Stellantis est coactionnaire et client. Le fabricant augmente la production de sa gigafactory de Douvrin, sans encore couvrir toutes les commandes des versions à grande autonomie. ACC affirme toutefois que ses volumes progressent fortement et que sa production de septembre devrait approcher celle réalisée pendant toute l’année précédente.
La montée en cadence de l’usine de Douvrin demeure un point sensible pour les salariés des sites d’assemblage. ACC cherche à stabiliser ses procédés et à réduire les rebuts, avec l’appui d’experts du fabricant chinois EVE. Depuis mai, l’entreprise est dirigée par Allan Swan, ancien responsable de Panasonic Energy, appelé à accompagner l’augmentation des volumes de batteries.
À Rennes comme à Sochaux, les journées non travaillées ne traduisent donc pas une disparition des commandes. Stellantis explique ajuster temporairement sa production aux composants disponibles, ce qui impose de modifier les plannings, de suspendre certaines équipes puis de préparer leur retour lorsque les livraisons le permettront. À Mulhouse, la réduction des ventes entraîne en revanche une réorganisation prévue au-delà d’octobre.
Les trois sites connaîtront ainsi du chômage partiel au même moment, sans suivre la même trajectoire industrielle. À Mulhouse, le passage annoncé à une équipe et demie donnera une portée plus durable au changement, alors que Rennes et Sochaux attendent une amélioration de l’approvisionnement. Les dates précises des journées arrêtées à Sochaux et le nombre total de salariés concernés restent à communiquer.
Après l’annonce faite aux représentants du personnel, chaque usine devra préciser les équipes touchées et leur calendrier. Les arrêts prévus du 15 au 30 octobre à Mulhouse et les sept journées annoncées à Rennes donnent déjà une première mesure de la perturbation, tandis que Sochaux attend encore le détail de ses interruptions de production.




