Greening Group Global revoit en profondeur son périmètre international et son modèle économique. Coté sur BME Growth, le groupe espagnol a présenté le 15 avril 2026 son plan stratégique « New Greening », quelques mois après son rapprochement avec EiDF, Energie, Innovation et Développement Photovoltaïque.
Cette nouvelle organisation ne se résume pas à une sortie du Maroc ou de certains marchés européens. Elle correspond à un repositionnement plus large du groupe, qui souhaite réduire son exposition aux activités de construction pour compte de tiers et renforcer les métiers générant des revenus récurrents.
Greening entend désormais concentrer son développement sur trois activités principales : l’autoconsommation industrielle, l’exploitation de centrales détenues en propre et la commercialisation d’électricité. L’activité EPC, qui consiste à concevoir et construire des installations pour des clients tiers, doit progressivement sortir du cœur du modèle.
Cette transformation intervient parallèlement à une augmentation de capital de 30 millions d’euros, intégralement souscrite, ayant accompagné le rapprochement avec EiDF. L’ensemble issu de l’opération était valorisé autour de 150 millions d’euros lors de l’annonce du plan. La nouvelle organisation est pilotée par Pablo Otín, CEO, aux côtés de Felipe García Agustín, CFO.
Sur le plan géographique, Greening prévoit l’arrêt de ses opérations directes au Maroc, au Mexique et en Allemagne. Le groupe concentrera désormais ses moyens principalement sur l’Espagne et l’Italie.
Aux États-Unis, il ne prévoit toutefois pas un retrait. Le modèle économique y est modifié : les projets photovoltaïques seront développés avant d’être cédés à des investisseurs, plutôt que conservés durablement au bilan. Cette stratégie de rotation d’actifs doit permettre de réduire les besoins en capitaux et de générer plus rapidement des liquidités.
En France, la situation relève d’une décision antérieure ou parallèle. Les résultats 2025 publiés en mai indiquent que Greening est sorti d’activités jugées non rentables en France et en Allemagne. Une analyse d’EthiFinance avait également signalé la décision du groupe de ne pas poursuivre le développement de son implantation française.
Au Maroc, Greening disposait d’une présence plus ancienne. La filiale Greening-e y opérait depuis 2013 sur plusieurs segments liés au solaire, notamment l’ingénierie EPC, l’autoconsommation, le pompage solaire et l’alimentation de sites isolés.
Le recentrage concerne également l’organisation interne. Greening passe d’une architecture composée de six divisions à un cœur d’activité essentiellement orienté vers l’électricité. Les activités liées à l’eau et à la fabrication de structures sont écartées du périmètre principal. Le biométhane et le recyclage doivent être regroupés dans des plateformes distinctes afin de limiter leur impact sur les comptes centraux.
La réorganisation doit également améliorer la structure financière du groupe. Les résultats 2025 font état d’un chiffre d’affaires d’environ 154 millions d’euros, en hausse de 18 %, et d’un EBITDA de 6,7 millions d’euros, soit une amélioration de plus de 9 millions d’euros par rapport à l’exercice précédent.
Les données publiées ne permettent toutefois pas d’affirmer que les coûts d’exploitation ont été divisés par deux. Greening fait état d’une amélioration de 19 % de l’efficacité des coûts de structure et d’une diminution de 13 % des autres charges d’exploitation.
La réduction la plus importante concerne en réalité l’endettement. Après la fusion, la dette se situait autour de 123 millions d’euros. Le groupe vise 56,5 millions d’euros à fin 2030, grâce aux cessions d’actifs et aux flux de trésorerie générés par ses activités.
À cet horizon, Greening prévoit de disposer d’environ 346 MW et vise un EBITDA pro forma proche de 35,7 millions d’euros. La trajectoire repose principalement sur la montée en puissance de centrales détenues en propre et sur un financement des nouveaux projets par dette dédiée, remboursée directement par les revenus générés par chaque installation.
Pour Greening, la sortie opérationnelle du Maroc s’inscrit ainsi dans une transformation plus large : celle d’un groupe qui cherche à réduire son périmètre, simplifier son organisation et privilégier les actifs énergétiques susceptibles de produire des revenus récurrents.




