L’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) vient de franchir une nouvelle étape dans le déploiement de la zone logistique d’Agadir. Sa filiale, la Société marocaine des installations logistiques (SMIL), a clôturé l’appel à manifestation d’intérêt lancé pour la cession des lots disponibles sur le site de Lqliâa, dans la préfecture d’Inezgane-Aït Melloul.
Selon un communiqué publié le 2 octobre 2026, la demande formulée par les opérateurs a dépassé l’offre foncière disponible. Seize entreprises ont finalement été retenues. Elles disposent désormais d’un délai ferme de 30 jours pour signer les actes de cession, étape préalable au lancement de leurs programmes d’investissement.
La liste réunit des groupes opérant dans plusieurs segments de l’économie : SNTL, La Voie Express, BHF Atlas, BIM Maroc, Soft Group, Sahara Logistic Nord, Tegic Logistic, Africa Global Logistics – MSC, SODIPOL – Le Berger, Maroc Express, Maha Intaj, MSIMO, Winner Distributors, Phyto Sidid, Centre Pneumatique Ibn Tachfine et Smurfit Kappa.
La composition du panel illustre le positionnement transversal de la plateforme. Elle accueille des acteurs du transport, de la messagerie et de la logistique comme SNTL, La Voie Express, Maroc Express et Africa Global Logistics – MSC, mais également des entreprises de distribution, à l’image de BIM Maroc et Winner Distributors, ainsi que des opérateurs de l’agroalimentaire, de l’emballage et de plusieurs activités spécialisées.
Les entreprises attributaires devront développer sur le site des infrastructures répondant notamment aux standards des entrepôts de classe A. Cette orientation doit permettre d’améliorer les conditions de stockage, de préparation des commandes et de distribution dans une région où les activités agricoles, agroalimentaires, industrielles et commerciales génèrent d’importants flux de marchandises.
Située à Lqliâa, au sud d’Aït Melloul et à proximité de la voie express N1, la plateforme constitue le premier site livré dans le cadre du programme d’amorçage porté par l’AMDL. Ce programme prévoit le développement d’environ 750 hectares de zones logistiques à l’échelle nationale à l’horizon 2028.
La première tranche de la zone d’Agadir représente environ 45 hectares, tandis que le projet global doit atteindre près de 172 hectares. L’aménagement a mobilisé autour de 350 millions de dirhams, dont 250 millions apportés par l’État et l’AMDL et 100 millions par la région Souss-Massa.
Environ 240.000 m² sont destinés à la cession, répartis sur une trentaine de lots dont les superficies varient approximativement de 1.600 à 27.000 m². Le dispositif comprend également un centre routier offrant près de 200 places de stationnement pour poids lourds. Le prix de commercialisation avait été annoncé autour de 450 dirhams le mètre carré, grâce notamment à un mécanisme de soutien au foncier.
Les ambitions économiques sont significatives. La plateforme doit générer plus de 800 millions de dirhams d’investissements privés, traiter à terme environ 2 millions de tonnes de marchandises par an et contribuer à la création de plusieurs centaines d’emplois directs.
La commercialisation de la zone avait été annoncée en avril 2025 à l’occasion des Rencontres régionales de la logistique organisées à Agadir. En juin 2026, le conseil d’administration de l’AMDL indiquait déjà que la zone pilote de Lqliâa était entièrement commercialisée. La sélection annoncée début octobre vient donc formaliser l’attribution des lots et ouvrir la phase de contractualisation puis de construction.
L’expérience d’Agadir doit également servir de référence pour les prochaines plateformes. L’AMDL annonce ainsi la commercialisation prochaine de la zone d’Ouled Saleh-Nouaceur, au sud de Casablanca, qui s’étend sur environ 70 hectares et dont les travaux d’aménagement sont achevés. D’autres projets avancent parallèlement, notamment à Zenata et à Fès.
Reste désormais à mesurer le rythme effectif de réalisation des projets. L’AMDL n’a pas encore communiqué les surfaces attribuées à chacun des seize opérateurs, les montants individuels des investissements ni les calendriers de construction. La signature des actes de cession doit permettre de faire entrer la zone de Lqliâa dans sa prochaine séquence : celle de l’installation effective des entreprises et de la montée en puissance des activités logistiques.




