L’inclusion numérique s’impose progressivement comme un facteur structurant de l’égalité des chances. Au Maroc, les écarts entre territoires urbains et ruraux continuent de se traduire par des inégalités d’accès aux outils digitaux et aux compétences associées. Le 26 février 2026, inwi annonce une nouvelle étape dans son programme « Classes Connectées Dir iddik », avec le lancement d’un appel national à bénévolat destiné à accélérer son déploiement dans les zones rurales.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de montée en échelle. L’objectif affiché est d’équiper plus de 100 écoles primaires rurales réparties sur les 12 régions du Royaume et d’atteindre plus de 30 000 bénéficiaires supplémentaires d’ici fin 2026 . Au-delà des infrastructures, l’ambition consiste à diffuser des compétences numériques fondamentales dès le primaire, dans un contexte où la transformation digitale redéfinit les parcours éducatifs et professionnels.
Un programme structuré autour d’un partenariat public-privé
Le programme « Classes Connectées Dir iddik » repose sur un modèle de coopération entre acteurs publics, entreprises et organisations de la société civile. Initié par la Fondation Al Mada, il est déployé en partenariat avec inwi, Managem, Nareva et Injaz Al Maghrib, en coordination avec le ministère de l’Éducation nationale .
Ce modèle traduit une évolution des approches en matière d’inclusion numérique. L’intervention ne se limite plus à un financement ou à un don d’équipements. Elle s’inscrit dans une logique d’écosystème, où chaque acteur contribue à une dimension spécifique du projet : infrastructure, connectivité, formation ou accompagnement pédagogique.
Depuis son lancement en 2021, le programme a permis d’équiper plus de 110 écoles et de bénéficier à plus de 34 000 élèves . Ces résultats témoignent d’une capacité de déploiement progressive, mais également d’une volonté de s’inscrire dans la durée. La nouvelle phase prévoit l’équipement de 40 écoles supplémentaires dès le mois de Ramadan, renforçant ainsi la couverture territoriale du programme .
De l’équipement à la transformation des pratiques pédagogiques
La mise à disposition d’outils numériques constitue un point de départ. La transformation des usages en constitue le véritable enjeu. Le programme « Classes Connectées Dir iddik » intègre cette dimension en structurant un accompagnement pédagogique destiné aux enseignants et aux élèves.
Le dispositif « Coding pour Tous », développé en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, vise à former les enseignants aux fondamentaux du codage, de la robotique et de l’intelligence artificielle . L’objectif est de leur permettre de transmettre ces compétences aux élèves du primaire, en particulier en sixième année.
Cette approche répond à une logique de diffusion des compétences. En formant les enseignants, le programme crée un effet de levier permettant d’atteindre un nombre plus large d’élèves sur le long terme. Elle contribue également à intégrer le numérique dans les pratiques pédagogiques quotidiennes, plutôt que de le cantonner à des interventions ponctuelles.
En parallèle, Injaz Al Maghrib intervient sur le développement de l’esprit entrepreneurial. Des modules spécifiques sont proposés aux élèves afin de renforcer leur capacité à initier des projets et à comprendre les mécanismes économiques . Cette dimension complète l’apprentissage technique en introduisant des compétences transversales.
Le bénévolat comme levier d’accélération du programme
La nouvelle phase du programme introduit un levier supplémentaire : la mobilisation citoyenne. L’appel national à bénévolat vise à impliquer des volontaires dans le déploiement des classes connectées.
Les bénévoles interviendront aux côtés des associations locales pour installer les équipements, aménager les salles et animer des ateliers pédagogiques et ludiques . Ils participeront également à l’accompagnement des formations dispensées aux élèves.
Ce choix répond à un double objectif. D’une part, il permet d’accélérer le déploiement du programme en mobilisant des ressources complémentaires. D’autre part, il renforce l’ancrage territorial de l’initiative, en impliquant des acteurs locaux dans sa mise en œuvre.
Le bénévolat devient ainsi un vecteur de diffusion des compétences, mais aussi un levier de sensibilisation aux enjeux du numérique. Il contribue à créer une dynamique collective autour de l’inclusion digitale, en dépassant le cadre institutionnel.
Réduire la fracture numérique dès le primaire
L’accès aux technologies numériques constitue un facteur déterminant dans les parcours éducatifs. Les élèves des zones rurales sont souvent confrontés à un déficit d’équipement et d’accompagnement, qui limite leur exposition aux outils digitaux.
Le programme « Classes Connectées Dir iddik » vise à réduire cet écart en équipant des salles multimédias connectées et en structurant un accompagnement pédagogique adapté. En renforçant l’accès à la connectivité et aux contenus éducatifs, il permet aux élèves de développer des compétences essentielles pour leur avenir .
Cette approche s’inscrit dans une logique de prévention des inégalités. En intervenant dès le primaire, le programme cherche à corriger les écarts avant qu’ils ne se traduisent par des inégalités d’accès à l’emploi.
Un enjeu stratégique pour les compétences de demain
L’inclusion numérique dépasse le cadre éducatif. Elle constitue un enjeu économique à moyen terme. Les transformations du marché du travail, liées à l’automatisation et à l’intelligence artificielle, renforcent la nécessité de maîtriser les outils digitaux.
Dans ce contexte, les initiatives visant à former les jeunes aux compétences numériques prennent une dimension stratégique. Elles contribuent à élargir le vivier de talents et à répondre aux besoins des entreprises.
Pour les acteurs des ressources humaines, cette dynamique pose plusieurs questions. La première concerne l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché. La seconde porte sur le rôle des entreprises dans la formation des talents. La troisième renvoie à la capacité à anticiper les évolutions des métiers.
Le programme « Classes Connectées Dir iddik » s’inscrit dans cette réflexion. En intervenant en amont, il participe à la construction des compétences de demain, en lien avec les transformations du marché du travail.
Une mobilisation nationale autour de l’inclusion numérique
L’appel à bénévolat marque une évolution du modèle. Il traduit une volonté de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’un objectif commun : réduire la fracture numérique.
Les candidatures sont ouvertes via la plateforme dédiée, permettant à des volontaires de s’engager concrètement dans le déploiement du programme . Cette ouverture élargit le périmètre d’action et introduit une dimension participative.
Le projet « Dir iddik » affirme ainsi sa vocation à fédérer collaborateurs, partenaires et citoyens autour d’actions à impact social. Il illustre une approche collaborative de l’inclusion numérique, reposant sur la complémentarité des acteurs.
La généralisation des compétences numériques constitue un levier de transformation économique et sociale. Le programme « Classes Connectées Dir iddik » s’inscrit dans cette perspective en combinant équipement, formation et mobilisation citoyenne. Sa capacité à maintenir cette dynamique dans le temps déterminera son impact réel sur les trajectoires éducatives et professionnelles des jeunes issus des territoires ruraux.




