La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) change progressivement de dimension. Son Conseil d’administration, réuni le 3 septembre 2026 sous la présidence de Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, a validé plusieurs décisions destinées à adapter son organisation à l’élargissement de ses missions.
Les administrateurs ont approuvé le rapport de gestion du directeur général, arrêté les comptes de l’exercice écoulé et adopté le plan d’action ainsi que le budget 2026. Le plafond des frais de gestion du régime de sécurité sociale a également été fixé, tandis que le Conseil a pris acte du rapport annuel du Contrôleur d’État.
Parmi les décisions adoptées figure la création de deux filiales. La première sera consacrée à la transformation digitale de la CNSS, avec pour objectifs d’accélérer le déploiement des projets numériques, de renforcer la cybersécurité et d’améliorer les services proposés aux assurés et aux entreprises affiliées.
La seconde prendra en charge la gestion des polycliniques de la Caisse. Cette réorganisation doit notamment répondre à la séparation entre les fonctions de gestionnaire de l’Assurance maladie obligatoire et celles d’opérateur direct d’établissements de soins. Elle doit également permettre de professionnaliser la gestion des treize unités médicales concernées et d’accompagner la modernisation de leurs infrastructures.
La sécurité des systèmes d’information figure également parmi les priorités retenues. L’enjeu prend une dimension particulière avec la multiplication des démarches dématérialisées et l’augmentation des volumes de données personnelles, sociales et financières traitées par la Caisse.
Les chiffres présentés au Conseil permettent de mesurer cette montée en charge. En 2025, 4,24 millions de salariés ont été déclarés au régime général, soit une progression de 4 % sur un an. La masse salariale déclarée atteint 244,84 milliards de dirhams, en hausse de 10 %. Les cotisations dues progressent de 9 %, à 36,46 milliards de dirhams. Dans le même temps, les prestations servies passent de 29,7 à 31,5 milliards de dirhams.
Le contrôle des déclarations s’intensifie également. La CNSS a réalisé 10 411 missions d’inspection et de contrôle en 2025, soit 22 % de plus qu’un an auparavant. Ces interventions ont conduit à la régularisation de 151 682 salariés, en hausse de 24 %, correspondant à une masse salariale de 6,6 milliards de dirhams. Celle-ci progresse de 63 %. Les actions de recouvrement ont, de leur côté, permis de récupérer 5,25 milliards de dirhams, soit 10 % de plus qu’en 2024.
Sur le terrain de l’Assurance maladie obligatoire, la CNSS compte désormais 25,08 millions de bénéficiaires éligibles, en progression de 3 %. Les prestations versées au titre des différents régimes atteignent 22,65 milliards de dirhams, en hausse de 17 %.
La situation reste toutefois contrastée selon les populations couvertes. Le régime des travailleurs salariés dépasse désormais 4 millions d’assurés principaux. Celui des travailleurs non-salariés compte 1,69 million d’assurés principaux et enregistre 2,28 milliards de dirhams de prestations. Son ratio prestations/cotisations atteint 157 %, en dégradation de 25 points. La CNSS évoque un « déficit structurel » et indique travailler avec les départements concernés sur l’adhésion et le recouvrement.
L’AMO Tadamon couvre pour sa part 3,95 millions de personnes, pour 8,49 milliards de dirhams de prestations. L’AMO Achamil poursuit sa montée en charge avec 265 551 assurés principaux, soit une progression de 70 %.
L’exercice 2025 met ainsi en évidence deux mouvements simultanés : l’élargissement continu de la couverture sociale et l’augmentation des contraintes opérationnelles et financières supportées par la CNSS. Le plan d’action et le budget 2026 devront désormais accompagner cette croissance tout en renforçant le recouvrement, la maîtrise des risques, la sécurité informatique et la qualité de service.















