Le groupe allemand LEONI a officiellement lancé les travaux de construction de sa future unité industrielle de Bouskoura, dans la région de Casablanca-Settat. La cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, du wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, du gouverneur de la province de Nouaceur, Jalal Benhayoun, ainsi que de plusieurs responsables du groupe.
Le projet mobilise un investissement de 640 millions de dirhams et prévoit la création d’environ 4 000 emplois directs et indirects. Développée sur une superficie de 35 000 mètres carrés, la nouvelle usine intégrera des installations de production de dernière génération, un centre de formation destiné au développement des compétences ainsi qu’un pôle de recherche et développement dédié aux technologies de câblage automobile.
Cette nouvelle implantation renforce davantage la présence historique de LEONI au Maroc. Présent dans le Royaume depuis 1971, le groupe allemand figure parmi les pionniers de l’industrie automobile nationale. Au fil des décennies, l’entreprise a accompagné l’émergence du Maroc comme plateforme industrielle majeure pour les équipementiers automobiles internationaux.
Aujourd’hui, LEONI emploie près de 20 000 collaborateurs au Maroc à travers onze unités de production implantées notamment à Bouskoura, Berrechid, Bouznika et Agadir. Avec ce nouveau projet, l’entreprise consolide son statut parmi les plus importants employeurs industriels du pays et renforce son rôle dans un secteur devenu le premier exportateur du Royaume.
Pour les dirigeants du groupe, cette nouvelle usine s’inscrit dans une vision de long terme. Andreas Krifka, Chief Finance Officer de LEONI, a souligné que le Maroc occupe une place centrale dans la stratégie de croissance de l’entreprise. Selon lui, cette nouvelle unité permettra au groupe d’accroître ses capacités industrielles tout en poursuivant ses investissements dans l’innovation, la durabilité et les nouvelles technologies liées à la mobilité électrique et connectée.
Même constat du côté de Hicham Hannioui, Country Manager de LEONI Wiring Systems Maroc, qui a mis en avant l’importance des investissements réalisés dans le développement des compétences locales. Pour le responsable, la compétitivité du secteur automobile marocain repose autant sur la qualité des infrastructures que sur la montée en compétences des ressources humaines.
Le projet de Bouskoura s’inscrit dans la continuité de la convention d’investissement conclue en 2023 entre LEONI et le gouvernement marocain. Cet accord prévoit un programme global de plus de 932 millions de dirhams destiné à soutenir l’expansion des activités du groupe dans le Royaume et à créer plusieurs milliers d’emplois supplémentaires à l’horizon 2027.
Cette stratégie a déjà connu une première concrétisation avec l’inauguration, en janvier 2025, d’une nouvelle usine à Agadir. Dotée d’un investissement de 230 millions de dirhams, cette unité est spécialisée dans la fabrication de systèmes de câblage destinés aux véhicules utilitaires, aux camions et aux équipements tout-terrain. À terme, elle devrait générer plus de 3 000 emplois directs.
Le futur site de Bouskoura permettra de répondre à la demande croissante des grands constructeurs automobiles internationaux. Les équipements qui y seront produits concernent notamment les faisceaux électriques et les systèmes de gestion des flux d’énergie et de données, des composants devenus essentiels dans les véhicules modernes.
Cette nouvelle unité s’inscrit également dans les ambitions nationales visant à renforcer l’intégration locale de l’industrie automobile. Le Maroc cherche depuis plusieurs années à développer davantage de valeur ajoutée locale et à attirer des investissements industriels à forte composante technologique. Les centres de formation et de recherche prévus dans le cadre du projet répondent précisément à cet objectif.
Lors de la cérémonie, Ryad Mezzour a salué un investissement qui témoigne, selon lui, de la confiance des industriels internationaux dans l’environnement économique marocain. Le ministre a rappelé que le Royaume dispose aujourd’hui d’atouts reconnus par les investisseurs internationaux : stabilité institutionnelle, infrastructures logistiques performantes, main-d’œuvre qualifiée et proximité avec les principaux marchés européens.
L’industrie automobile marocaine poursuit en effet sa dynamique de croissance. Les exportations du secteur dépassent désormais les 100 milliards de dirhams par an et le taux d’intégration locale progresse régulièrement sur plusieurs segments industriels. Cette évolution permet au Royaume de renforcer sa position parmi les principales plateformes automobiles du bassin méditerranéen.
Au-delà des retombées économiques directes, le projet de LEONI devrait également bénéficier à l’écosystème industriel local à travers le développement de la sous-traitance, le transfert de technologies et la montée en compétences des fournisseurs marocains. Il contribuera également à renforcer l’attractivité de la région de Casablanca-Settat auprès des investisseurs internationaux.
Alors que le Maroc ambitionne d’atteindre une capacité de production d’un million de véhicules par an à l’horizon 2030, l’investissement de LEONI apparaît comme une nouvelle illustration de la confiance accordée au Royaume par les grands groupes industriels mondiaux. Avec douze usines, près de 20 000 collaborateurs et plus de cinq décennies de présence, le groupe allemand confirme son ancrage durable dans l’une des filières les plus stratégiques de l’économie marocaine.




