Le groupe SUNRISE, spécialisé dans la production textile à l’échelle mondiale, officialise un investissement de 2,3 milliards de dirhams pour implanter deux sites industriels au Maroc. L’un à Skhirat, dédié à la confection sur une superficie de 14,6 hectares. L’autre à Fès, où seront concentrées les activités de filature, de tissage et de fabrication sur 20 hectares. Cette double implantation permet de couvrir l’ensemble du cycle de production, de la matière première au produit fini, tout en consolidant les capacités locales dans un secteur historiquement stratégique.
Les deux usines devraient générer 7 000 emplois directs, répartis entre environ 5 000 postes à Skhirat et 2 000 à Fès. À cela s’ajoutent 1 500 emplois indirects, notamment dans la sous-traitance, la logistique et les services connexes. Les profils recherchés concernent principalement des opérateurs qualifiés, des techniciens de production, des superviseurs de ligne, ainsi que des fonctions de support en ingénierie, maintenance et approvisionnement.
L’annonce de ce projet découle d’un accord signé en mars 2025, en présence du chef du gouvernement, des ministres concernés, de l’Agence marocaine pour le développement des investissements et des exportations (AMDIE), et des centres régionaux d’investissement de Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès. Selon les déclarations du ministre délégué chargé de l’Investissement, les travaux débuteront en septembre 2025 pour une entrée en production prévue courant 2026.
SUNRISE prévoit d’intégrer dès l’origine des procédés de fabrication alignés sur les standards les plus récents de l’industrie textile. Automatisation des chaînes, pilotage numérique de la qualité, recyclage des eaux usées et recours aux énergies renouvelables figurent parmi les dispositifs prévus. L’objectif est clair : respecter les exigences internationales en matière de traçabilité et de performance environnementale, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis de plateformes de sourcing extérieures.
Le projet nécessite une adaptation rapide de l’écosystème RH. Il implique la mobilisation de centres de formation professionnelle capables de préparer les futurs collaborateurs aux compétences attendues en production textile 4.0. Des partenariats avec les établissements spécialisés seront nécessaires pour ajuster les programmes aux nouveaux outils, aux cadences automatisées et aux normes de sécurité. La question de la mobilité géographique se pose également pour répondre à la concentration de la demande dans les zones concernées.
L’impact attendu dépasse la seule dimension de l’emploi. En structurant une chaîne de production complète sur le territoire marocain, SUNRISE contribue à stabiliser les coûts, améliorer les délais d’approvisionnement et garantir une qualité constante dans un secteur exposé à une forte pression concurrentielle. Le Maroc pourra également mieux se positionner sur des marchés encore peu exploités, notamment en Amérique du Nord, où les exportations textiles marocaines restent marginales.
Pour les pouvoirs publics, ce projet s’inscrit dans une politique plus large de soutien aux industries à forte capacité de recrutement. L’environnement réglementaire, les accords commerciaux et les infrastructures logistiques ont pesé dans la décision du groupe chinois. Le suivi du chantier par les institutions nationales reflète une volonté d’accélérer la concrétisation opérationnelle de l’investissement.
La réussite de cette implantation dépendra aussi de la capacité de SUNRISE à intégrer ses standards internationaux avec les pratiques locales, notamment en matière de gestion du personnel, de dialogue social et de respect du droit du travail. L’expérience des dernières implantations industrielles au Maroc montre l’importance d’un ancrage local solide et d’une adaptation fine aux réalités sociales et professionnelles.
L’annonce de SUNRISE intervient dans un contexte de transformation du secteur textile, où la compétitivité repose désormais sur l’organisation industrielle, la capacité à former, et la conformité environnementale. Ce projet pourrait repositionner le Maroc sur une offre exportable plus large et diversifiée, tout en renforçant sa place dans les chaînes de valeur mondiales. Le suivi opérationnel dans les mois à venir permettra de mesurer concrètement l’ampleur de la transformation engagée.




