Casablanca n’a pas seulement accueilli une réunion statutaire. En validant sans réserve ses orientations pour 2026, l’UACC a envoyé un message clair : le secteur de la communication entend parler d’une seule voix face aux mutations économiques, technologiques et réglementaires qui redessinent ses contours. Cette unanimité, rare dans un écosystème historiquement fragmenté, marque une étape charnière dans la trajectoire de l’Union et dans sa capacité à fédérer les agences autour d’intérêts communs.
Une industrie sous tension, entre fragmentation et transformation accélérée
Le diagnostic partagé lors de l’Assemblée Générale est sans détour. Le marché marocain de la communication évolue dans un environnement caractérisé par une pression économique croissante sur les agences, une concurrence exacerbée, une fragmentation persistante des acteurs et une complexification du cadre réglementaire. À cela s’ajoutent des transformations profondes des modèles économiques, portées par l’essor de l’intelligence artificielle, la généralisation des approches data-driven et la remise en question des chaînes de valeur traditionnelles.
Dans ce contexte, l’UACC revendique un rôle de stabilisateur et de structurant. La vision défendue par sa présidence repose sur une ambition assumée : faire de l’Union le référent du métier, capable de représenter les agences, de défendre leurs intérêts et de contribuer à l’organisation d’un secteur plus lisible et plus compétitif. Cette ambition ne se limite pas à une posture institutionnelle. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à repositionner la communication comme un levier de performance économique et d’attractivité, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Les débats ont mis en évidence une prise de conscience collective : aucune agence, quelle que soit sa taille, ne peut aujourd’hui répondre seule à l’ensemble des défis posés par la digitalisation accélérée, l’évolution des attentes des annonceurs ou la montée en puissance de nouveaux standards internationaux. La mutualisation des ressources, la montée en compétences et la structuration de pratiques communes apparaissent désormais comme des conditions de survie et de croissance. C’est sur ce socle que s’est construit le consensus observé à Casablanca.
2025, une année de consolidation et d’ouverture pour l’Union
Le bilan présenté au titre de l’exercice 2025 témoigne d’une année dense, marquée par des avancées concrètes sur plusieurs fronts. L’Assemblée Générale Ordinaire a validé le rapport moral, le rapport financier et celui du commissaire aux comptes, donnant quitus au bureau pour sa gestion. Au-delà des chiffres, c’est la dynamique collective enclenchée qui a retenu l’attention des membres.
Parmi les faits marquants figure la participation active de l’UACC aux premières Assises Nationales de la Publicité, organisées en octobre 2025. Cette présence a permis à l’Union de contribuer aux recommandations formulées à l’issue des travaux et d’instaurer un dialogue structuré avec les institutions et les régulateurs. Pour un secteur longtemps en quête de reconnaissance institutionnelle, cette séquence a constitué un point d’inflexion.
Sur le plan opérationnel, le lancement du programme « Level Up UACC » a répondu à un besoin identifié de montée en compétences. Axé sur la data, l’intelligence artificielle et les nouveaux modèles économiques, ce dispositif de formation vise à renforcer la compétitivité des agences face à des annonceurs de plus en plus exigeants et informés. Il s’inscrit dans une logique d’accompagnement pragmatique, loin des discours incantatoires sur l’innovation.
L’élargissement de la base membres constitue un autre indicateur fort de l’année écoulée. Douze nouvelles agences ont vu leur adhésion ratifiée, portant la représentativité de l’UACC à un niveau inédit. Cette ouverture reflète la crédibilité croissante de l’Union et sa capacité à fédérer des profils variés autour d’une vision commune. À l’international, l’adhésion à des réseaux professionnels étrangers et la désignation comme représentant officiel de Cannes Lions au Maroc ont renforcé la visibilité de l’écosystème local, contribuant à inscrire les agences marocaines dans des circuits de reconnaissance globale.
2026, un plan d’action structuré autour de trois priorités stratégiques
Le cœur des discussions a porté sur l’adoption du plan d’action et du budget 2026. Les orientations retenues s’articulent autour de trois axes majeurs : l’accompagnement opérationnel des agences, le renforcement du dialogue institutionnel et la régulation progressive du secteur. Ce triptyque traduit une volonté de passer d’une logique de représentation à une logique d’impact mesurable.
L’accompagnement opérationnel se matérialise par la poursuite et l’élargissement des programmes de formation, notamment « Level Up », mais aussi par la mise à disposition d’outils concrets pour aider les agences à intégrer l’IA, à structurer leurs offres et à s’adapter aux contraintes réglementaires. L’objectif est de professionnaliser l’ensemble de la chaîne de valeur et de réduire les asymétries de maturité entre acteurs.
Le dialogue institutionnel constitue le deuxième pilier. Fort de l’expérience des Assises de la Publicité, l’UACC entend approfondir ses échanges avec les régulateurs, les annonceurs et les médias afin de co-construire des standards sectoriels. Cette approche vise à favoriser une concurrence saine, à clarifier les règles du jeu et à renforcer la crédibilité du secteur auprès des pouvoirs publics.
Enfin, la régulation progressive passe par un chantier interne de gouvernance : refonte des statuts, actualisation du règlement intérieur et élaboration de chartes de bonnes pratiques. Ces travaux doivent permettre d’adapter l’Union à un environnement plus exigeant, tout en offrant un cadre clair aux agences membres. Le budget 2026 prévoit par ailleurs l’activation de nouveaux leviers de financement afin de soutenir ces initiatives sans alourdir excessivement les charges des adhérents.
Des décisions de gouvernance pour asseoir la crédibilité de l’Union
L’Assemblée Générale Extraordinaire a été consacrée à des décisions structurantes, souvent techniques mais déterminantes pour l’avenir de l’UACC. Le transfert du siège social et la régularisation fiscale de l’Union ont été validés à l’unanimité. Ces mesures répondent à un impératif de conformité et de transparence, dans un contexte où les organisations professionnelles sont de plus en plus attendues sur leur exemplarité.
Le transfert du siège vise une modernisation des infrastructures et une amélioration de l’efficacité opérationnelle. La régularisation fiscale, quant à elle, sécurise la situation juridique et financière de l’Union, renforçant sa capacité à dialoguer avec les institutions et à porter des positions crédibles. La refonte des statuts, enfin, adapte la gouvernance aux nouvelles missions assignées à l’UACC et à l’élargissement de son périmètre d’action.
Le vote unanime de l’ensemble des résolutions – rapports, budget, adhésions et décisions administratives – a été salué comme un signal fort envoyé à l’écosystème. Il témoigne d’une maturité collective et d’une confiance renouvelée dans la capacité de l’Union à incarner l’intérêt général du secteur.
À l’horizon 2026, l’UACC entend ainsi jouer pleinement son rôle de catalyseur d’une industrie de la communication plus structurée, plus visible et plus influente. Les défis restent nombreux, de l’inflation à la concurrence digitale en passant par la rareté des talents. Mais le cap est désormais clairement défini : faire de la communication un pilier reconnu de l’économie marocaine, capable de créer de la valeur, des emplois et de l’innovation, dans un écosystème enfin aligné sur des objectifs partagés.




