Présentée lors de la rencontre annuelle de l’ISO, cette norme constitue la première référence internationale définissant les exigences d’un système de management dédié aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Elle s’adresse aux entreprises, aux administrations, aux établissements d’enseignement et aux organisations de la société civile, indépendamment de leur taille ou de leur secteur, avec une démarche fondée sur l’amélioration continue.
Pour les politiques sociales des organisations, deux objectifs constituent des points de référence, l’ODD 5 consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes et l’ODD 8 portant sur le travail décent et la croissance économique. La norme inscrit ces enjeux dans un cadre plus large, qui relie les décisions internes aux effets produits sur les salariés et les autres parties prenantes.
Chaque organisation doit déterminer les impacts pertinents de ses activités, puis établir les objectifs sur lesquels elle entend agir, en tenant compte de son contexte et des attentes des parties prenantes. Cette démarche repose sur l’examen des effets positifs comme négatifs, afin que les priorités retenues correspondent à des enjeux identifiés dans les opérations et les relations de l’organisation.
Le dispositif prévoit ensuite de traduire ces priorités dans les processus existants, avec une collecte de données et une évaluation des progrès accomplis. Appliquée aux engagements sociaux, cette méthode permet de relier les orientations annoncées à leur mise en œuvre, les résultats observés devant alimenter les décisions suivantes et les actions d’amélioration, plutôt que rester isolés dans une communication institutionnelle.
Le référentiel organise la contribution aux 17 ODD dans la stratégie, la gouvernance et les activités quotidiennes, sans demander aux organisations de conduire des actions identiques sur chaque objectif. Son approche tient compte des liens entre les différents enjeux, des synergies possibles et des arbitrages nécessaires, pour éviter qu’une initiative soit appréciée indépendamment de ses autres conséquences.
Marcos Neto, sous-secrétaire général des Nations unies et directeur du bureau des politiques et de l’appui aux programmes du PNUD, présente le nouveau cadre comme un moyen d’« intégrer les ODD dans leur mode de fonctionnement, de direction et de gouvernance ». Il souligne son rôle dans l’intégration de la durabilité aux décisions quotidiennes.
Développée par l’ISO et le PNUD, la norme résulte d’un travail international dont le comité technique a été dirigé par Danish Standards, l’organisme danois de normalisation. Elle établit une base commune pour démontrer qu’un système de management répond à des exigences définies, permettant aux organisations de rendre compte de leur démarche et de suivre leur performance dans le temps.
Son adoption reste volontaire, son architecture permettant une articulation avec les systèmes de management déjà utilisés pour la qualité et l’environnement. Les organisations disposant de tels dispositifs peuvent s’appuyer sur leurs processus existants, l’objectif étant de limiter les doublons et de rapprocher le suivi des engagements de développement durable de leurs mécanismes de gestion.
L’ISO et le PNUD prévoient de travailler avec leurs partenaires à l’accompagnement de la mise en œuvre, notamment au moyen d’orientations sectorielles. Conçue pour rester pertinente au-delà de 2030, la norme fera l’objet d’examens réguliers, afin de tenir compte de l’évolution des priorités internationales et des pratiques de management.




