Organisée dans plus de 170 cortèges à travers le pays, la journée a mobilisé les agents des administrations de l’État, des collectivités territoriales et des établissements hospitaliers. Les organisations syndicales avaient appelé à la grève pour défendre le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des contractuels, en associant les revendications salariales à celles portant sur les conditions d’exercice des missions.
Le maintien du gel du point d’indice constitue le déclencheur du mouvement, ce paramètre servant à calculer le traitement indiciaire des fonctionnaires. Les syndicats contestent l’absence de revalorisation et dénoncent les effets de l’inflation sur les rémunérations, tandis que leurs demandes concernent également les agents contractuels, dont le pouvoir d’achat figure parmi les revendications communes.
À la mi-journée, le ministère de l’Action et des Comptes publics recensait 9,64 % de grévistes dans la fonction publique d’État, 5,68 % dans la fonction publique territoriale et 4,5 % dans la fonction publique hospitalière. Ces données portent sur la participation à la grève dans chacun des trois versants, elles ne correspondent pas au nombre de participants aux manifestations.
Dans l’Éducation nationale, le taux de grévistes atteignait 13,71 % chez les enseignants, d’après le relevé ministériel de mi-journée. La mobilisation s’inscrivait dans l’appel commun à renforcer les moyens des services publics, avec des revendications associant rémunération et conditions de travail, au même titre que dans les administrations, les collectivités et les établissements de santé.
Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), a demandé une réponse sur les rémunérations et les budgets avant le départ du cortège parisien. « Il faut augmenter les salaires des fonctionnaires, augmenter les moyens des services publics », a-t-elle déclaré, qualifiant le projet budgétaire de « dangereux » et présentant cette mobilisation comme un avertissement adressé au gouvernement.
Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), a placé la rémunération des agents au centre des demandes. « Il y a des revendications très claires : c’est le pouvoir d’achat des agents publics qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels », a-t-elle souligné, en liant cette demande à la capacité des services publics à assurer leurs missions.
À Paris, les sapeurs-pompiers ont défilé dans un cortège distinct, parti de la place d’Italie, tandis que la manifestation de la fonction publique s’élançait de la place de la République. Leur mobilisation portait sur les moyens disponibles pour exercer leurs missions, après un été marqué par des incendies, avec une banderole intersyndicale réclamant « Des moyens, pas des miracles ».
Les rassemblements ont concerné les grandes villes, avec près de 6 000 manifestants à Lyon selon les autorités. À Marseille, les estimations divergeaient, la CGT annonçant 30 000 participants contre 3 800 pour la préfecture. Ces décomptes locaux s’ajoutent aux chiffres nationaux, eux aussi différents selon qu’ils proviennent des organisateurs ou du ministère de l’Intérieur.
La journée s’est déroulée avant la présentation du projet de budget 2027, sur lequel les syndicats demandent une révision des choix concernant la fonction publique. Leurs revendications portent sur une hausse des rémunérations et des moyens budgétaires adaptés aux missions, dans les services de santé, d’éducation, de secours et les administrations.




