Ikea France prépare une réorganisation de ses fonctions administratives et de support susceptible d’entraîner plusieurs centaines de suppressions de postes. Présenté le 19 octobre aux représentants du personnel, le projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pourrait concerner jusqu’à 303 postes, essentiellement au siège social de Plaisir, dans les Yvelines.
Les fonctions comptables, les ressources humaines et plusieurs services administratifs figurent parmi les activités concernées. En parallèle, l’entreprise annonce la création d’une centaine de postes destinés à renforcer les compétences nécessaires à sa transformation commerciale et numérique.
La direction justifie cette réorganisation par la nécessité de simplifier son fonctionnement, de réduire la complexité de certains processus et d’adapter ses ressources à l’évolution du marché de l’ameublement. La concurrence des plateformes numériques et la progression du commerce en ligne conduisent notamment l’enseigne à revoir l’organisation de ses fonctions support.
Les 303 postes évoqués représentent un plafond et non un nombre définitif de licenciements. Le projet reste soumis à la procédure d’information-consultation et aux négociations avec les organisations syndicales, engagées le 19 octobre et programmées jusqu’en mars 2027.
Selon la CFDT, syndicat majoritaire, la réorganisation pourrait se traduire par environ 164 suppressions nettes de postes. Une centaine de postes feraient l’objet de redéploiements vers d’autres unités, tandis qu’une quarantaine de collaborateurs pourraient se voir proposer des modifications contractuelles.
Ces estimations syndicales devront être précisées au cours des discussions. La prochaine réunion avec les représentants du personnel est prévue début novembre.
Les syndicats contestent la justification économique du projet. Abdel MEKKI, délégué central CFDT, juge la décision paradoxale compte tenu de la situation financière de l’entreprise. Il redoute également que cette restructuration constitue la première étape d’une réduction plus importante des effectifs.
La CGT exprime des réserves similaires. Cette annonce intervient après plusieurs épisodes de tensions sociales en 2025, notamment autour des rémunérations et des conditions de travail.
La restructuration intervient alors que les performances commerciales d’Ikea France subissent les effets du ralentissement du marché de l’équipement de la maison. Sur l’exercice 2024-2025, clos fin août 2025, l’enseigne a enregistré un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros, en recul de 4,4 %.
Cette contraction intervient malgré une hausse de 1,5 % du nombre de clients. Les magasins ont accueilli 57,7 millions de visites et les ventes en ligne représentent désormais 28,9 % du chiffre d’affaires, confirmant l’évolution des comportements d’achat.
L’entreprise poursuit néanmoins ses investissements commerciaux et logistiques. Elle prévoit notamment le développement de magasins de proximité au format compact, avec une dizaine d’ouvertures envisagées d’ici 2030. La modernisation de sa logistique accompagne également cette stratégie omnicanale.
Avec plus de 12 000 collaborateurs, 38 magasins, dix ateliers et cinq dépôts en France, Ikea doit désormais concilier ses investissements de développement avec la réorganisation de ses effectifs. Les négociations détermineront les suppressions effectives, les possibilités de reclassement et les mesures d’accompagnement proposées aux collaborateurs concernés.
Le calendrier social, qui doit s’étendre jusqu’en mars 2027, sera déterminant pour préciser l’ampleur définitive de cette restructuration et ses conséquences sur l’emploi.




