BNP Paribas revoit sa politique de rémunération. Selon l’accord annoncé le 16 octobre 2026, les collaborateurs dont le salaire fixe annuel brut ne dépasse pas 50 000 euros bénéficieront d’une augmentation de 1 500 euros par an, tandis que ceux percevant entre 50 000 et 100 000 euros obtiendront 1 000 euros supplémentaires. Ces revalorisations entreront en vigueur le 1er janvier 2027.
La mesure concernera près de 93 % des salariés, selon Rémi GANDON, délégué syndical national du SNB/CFE-CGC, première organisation syndicale de BNP Paribas. Pour un collaborateur rémunéré 30 000 euros bruts annuels, l’augmentation représente 5 % de son salaire fixe. Ce taux sera encore supérieur pour les rémunérations inférieures à ce seuil.
L’accord constitue une inflexion dans les négociations salariales de la banque. La direction avait initialement proposé une prime de partage de la valeur comprise entre 700 et 1 000 euros, reprenant ainsi une formule appliquée les deux années précédentes. Les discussions avec les organisations syndicales ont finalement conduit à privilégier une augmentation pérenne, intégrée au salaire fixe, plutôt qu’un versement exceptionnel.
Cette distinction modifie durablement la rémunération des collaborateurs concernés. Contrairement à une prime ponctuelle, une augmentation générale est reconduite les années suivantes et entre dans la base de calcul des futures revalorisations salariales. Elle peut également influencer certains éléments de rémunération et droits sociaux calculés à partir du salaire fixe.
Ce choix comporte toutefois plusieurs contreparties. BNP Paribas ne versera aucune prime de partage de la valeur au titre de cet accord. Par ailleurs, l’enveloppe consacrée aux augmentations individuelles est ramenée de 2 % à 1,8 % de la masse salariale. Ce budget continuera de financer les revalorisations liées à la performance individuelle et aux évolutions professionnelles.
Le budget consacré à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est également réduit. Il s’établira à 3 millions d’euros, contre 5 millions précédemment. Ces arbitrages traduisent une redistribution des moyens consacrés à la rémunération entre augmentations générales, reconnaissance individuelle et mesures correctrices des écarts salariaux.
Les négociations ont abouti à un accord unanime des organisations syndicales représentatives. La CFDT, deuxième syndicat de la banque, a notamment confirmé son intention de signer, tout en exprimant des réserves sur l’absence de prime complémentaire et la réduction de certaines enveloppes salariales.
Le contexte économique et social a pesé sur les discussions. Rémi GANDON évoque une accumulation de facteurs, notamment l’inflation, les résultats financiers de BNP Paribas et la présentation attendue d’un nouveau plan stratégique début 2027. Les premières propositions de la direction avaient suscité des réactions défavorables parmi les collaborateurs, conduisant les syndicats à réclamer une mesure durable de soutien au pouvoir d’achat.
Cette décision intervient alors que plusieurs établissements bancaires français poursuivent leurs négociations salariales pour 2027. Les accords conclus l’année précédente dans d’autres réseaux avaient abouti à des revalorisations plus limitées, notamment de 1 % dans les Caisses d’Epargne et de moins de 0,5 % dans certaines caisses régionales du Crédit Agricole.
Chez BNP Paribas, le retour des augmentations collectives est également significatif au regard des précédents accords. En 2024, les hausses générales étaient plafonnées à 800 euros annuels. Le nouveau plafond de 1 500 euros représente ainsi une progression de 87,5 % par rapport à cette référence.
L’accord salarial de BNP Paribas pourrait désormais servir de point de comparaison dans les négociations engagées au sein des autres grandes banques françaises. Il illustre également un arbitrage RH entre la maîtrise des enveloppes d’augmentations individuelles et la recherche d’une progression durable du pouvoir d’achat, avec une priorité accordée aux rémunérations les moins élevées.




