La mobilisation des entreprises autour d’Octobre Rose reste principalement concentrée sur les campagnes de communication. Selon l’enquête « Octobre Rose en Entreprise 2026 », publiée par DRH.ma, seules 27 entreprises sur les 113 interrogées, soit 23,9 %, disposent d’un dispositif de prévention et d’accompagnement structuré tout au long de l’année.
Les opérations ponctuelles restent majoritaires. Elles concernent 61,9 % des répondants, tandis que 14,2 % déclarent ne disposer d’aucun dispositif. La prévention demeure ainsi largement associée au calendrier d’Octobre Rose, sans nécessairement s’inscrire dans une politique permanente de santé au travail.
Parmi les 97 entreprises qui déclarent mener des actions, 97,9 % organisent des campagnes de communication et de sensibilisation. En revanche, seules 23,7 % proposent des dépistages avec des partenaires médicaux et 19,6 % accordent des autorisations d’absence ou des aménagements horaires pour faciliter le dépistage.
Les résultats montrent également une différence importante entre la protection sociale et le maintien effectif de la rémunération. Si 82,3 % des entreprises interrogées déclarent disposer de mécanismes de protection sociale ou de maintien des revenus, seuls 27,4 % des répondants prévoient un maintien intégral ou partiel de la rémunération pendant un arrêt maladie.
L’adaptation des conditions de travail est davantage répandue. Près de 80 % des répondants ont prévu ou mis en place des aménagements pour les collaborateurs atteints d’un cancer. Parmi ces entreprises, 98,9 % privilégient l’adaptation des horaires, 62,2 % l’aménagement des postes ou des missions et 42,2 % la réduction temporaire de la charge de travail.
L’accompagnement managérial constitue toutefois l’une des principales faiblesses identifiées. Seules 25 entreprises, soit 22,1 % des répondants, ont préparé leurs managers et leurs équipes RH à gérer la situation d’un collaborateur atteint d’un cancer. Sept entreprises seulement proposent une formation spécifique et une seule dispose d’un guide consacré à l’annonce de la maladie et à la confidentialité.
Le retour au travail reste lui aussi insuffisamment organisé. Moins d’une entreprise sur deux (46 %) déclare avoir prévu un dispositif de réintégration. Parmi les 52 entreprises concernées, 27 se limitent à une évaluation des besoins avec le médecin du travail, sans autre mesure déclarée. Quatre seulement disposent d’un plan individuel intégrant une reprise progressive.
Les résultats sont encore plus préoccupants concernant l’évolution professionnelle. Seules 19 entreprises, soit 16,8 % de l’échantillon, ont prévu des mesures pour éviter que la maladie pénalise la carrière d’un collaborateur. Aucune de ces entreprises ne déclare de vigilance spécifique sur l’accès aux promotions et à la mobilité professionnelle.
L’enquête révèle par ailleurs des écarts significatifs selon l’actionnariat. Parmi les filiales de multinationales interrogées, 54,2 % disposent d’un dispositif structuré, contre 11,3 % des entreprises privées marocaines. Le contraste est également marqué sur la préparation des managers (45,8 % contre 11,3 %) et la protection des carrières (41,7 % contre 6,3 %).
Ces différences persistent dans les entreprises de taille comparable. Elles traduisent des niveaux de formalisation des politiques d’accompagnement sensiblement différents entre les organisations participantes.
Malgré ces insuffisances, 76,1 % des entreprises interrogées envisagent de renforcer leurs actions au cours des douze prochains mois. Une proportion supplémentaire de 10,6 % prévoit de mettre en place un premier dispositif.
DRH.ma identifie cinq priorités pour les directions des ressources humaines : inscrire la prévention dans la durée, former les managers, structurer le retour au travail, préserver les perspectives de carrière et formaliser les dispositifs d’accompagnement.
L’enquête met ainsi en évidence un décalage entre la visibilité des campagnes d’Octobre Rose et la prise en charge des conséquences professionnelles de la maladie. Les intentions annoncées pour les douze prochains mois permettront de mesurer si les entreprises répondantes parviennent à transformer leurs initiatives ponctuelles en politiques RH permanentes.
Réalisée en octobre 2026 auprès de 113 entreprises, cette enquête repose sur un échantillon non probabiliste. Ses résultats décrivent les pratiques des entreprises répondantes et ne peuvent être extrapolés à l’ensemble du tissu économique marocain.

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