Le cabinet d’audit et de conseil KPMG poursuit la réduction de ses effectifs au Royaume-Uni. Le 9 octobre 2026, les collaborateurs concernés par une procédure de licenciement économique devaient recevoir leur notification individuelle par courrier électronique, après la clôture de la consultation collective le 1er octobre. Les suppressions de postes concernent principalement la division Technology & Data, notamment les équipes spécialisées dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les solutions SAP et les tests informatiques.
Cette restructuration représente près de 4 % des effectifs de la branche conseil, soit environ 200 postes. Elle intervient dans un contexte de ralentissement de la demande et de réorganisation des prestations technologiques du cabinet.
Selon les informations publiées par The Register, KPMG aurait proposé aux salariés concernés un versement supplémentaire de 100 livres sterling en contrepartie d’engagements comprenant, d’après des sources internes, la renonciation à certains droits de recours contre leur licenciement. Cette somme s’ajouterait à des indemnités de départ jugées à peine supérieures aux minimums légaux par plusieurs collaborateurs interrogés.
Le montant a suscité de vives critiques en interne. Certains salariés considèrent cette proposition comme une tentative de limiter les contestations juridiques à moindre coût. KPMG n’a pas confirmé publiquement les modalités exactes de cette compensation.
Le calendrier des départs constitue un autre motif de mécontentement. Les collaborateurs licenciés avant Noël risquent également de perdre leur prime annuelle de performance, habituellement versée en janvier. Ces bonus étant discrétionnaires, leur attribution dépend notamment des conditions contractuelles et de la situation du salarié au moment du paiement.
La controverse intervient alors que Paul HENNINGER, jusqu’alors responsable de Technology & Data, a annoncé sa promotion au poste de directeur du conseil du groupe. Son message aux équipes, envoyé le 9 octobre, précise qu’il entend renforcer les capacités commerciales du cabinet, accélérer le développement des prestations intégrant l’intelligence artificielle et structurer de nouveaux parcours professionnels spécialisés.
Cette nomination accompagne une transformation organisationnelle qui s’effectue parallèlement à plusieurs vagues de suppressions d’emplois. En mars, près de 600 postes avaient été menacés, principalement dans l’audit et le conseil. Une nouvelle réduction d’effectifs avait ensuite concerné les fonctions support durant l’été.
KPMG UK : les licenciements en 2026
Mars : 600 postes menacés (audit et conseil).
Juillet : 200 postes (fonctions support).
Octobre : 200 postes (Technology & Data).
KPMG justifie ces ajustements par l’évolution des besoins de ses clients et un taux de départs volontaires particulièrement faible. Le cabinet cherche ainsi à adapter ses capacités opérationnelles à une activité de conseil moins dynamique.
Les résultats financiers illustrent néanmoins le contraste entre performances économiques et politique sociale. Pour l’exercice clos en septembre 2025, l’ensemble KPMG UK/Suisse a enregistré un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de livres, en progression de 2 %, tandis que son bénéfice avant impôts augmentait de 14 %, à 576 millions de livres. Les revenus du conseil ont toutefois reculé de 3 %.
La rémunération moyenne des associés a parallèlement atteint 880 000 livres, soit une hausse de 11 %.
Sur le plan juridique, les accords transactionnels britanniques permettant de renoncer à certains recours nécessitent notamment que le collaborateur bénéficie d’un conseil indépendant répondant aux exigences légales. Le versement proposé ne suffit donc pas, à lui seul, à rendre une renonciation juridiquement opposable.
Cette nouvelle restructuration intervient alors que les grands cabinets de conseil réorganisent leurs métiers sous l’effet de l’automatisation, de l’intelligence artificielle et des restrictions budgétaires de leurs clients. Chez KPMG, la succession des licenciements et la progression de la rémunération des associés accentuent les tensions autour du partage des efforts économiques et des conditions de départ des collaborateurs.




