National Australia Bank (NAB), l’un des quatre principaux établissements bancaires australiens, engage une importante réduction de ses effectifs. Jusqu’à 1 500 postes devraient disparaître avant la fin de l’année 2026, tandis que les suppressions restantes interviendraient d’ici septembre 2027. Le groupe, qui comptait environ 42 000 collaborateurs à fin septembre 2025, prévoit de concentrer ces mesures sur les fonctions corporate et les postes de management supérieur.
La direction assure que les fonctions directement en contact avec la clientèle ne devraient pas être significativement affectées. En parallèle, NAB prévoit de réduire sensiblement ses dépenses consacrées aux consultants et aux prestataires externes, dans une démarche de rationalisation de son organisation.
Le coût de cette restructuration est estimé à 300 millions de dollars australiens avant impôts pour l’exercice 2027. Cette enveloppe doit notamment couvrir les indemnités de départ, les mesures de redéploiement et les dépenses liées à la réorganisation des activités.
Le directeur général de NAB, Andrew IRVINE, présente ce programme comme une réponse à la complexité croissante de l’organisation bancaire. L’objectif affiché consiste à supprimer les doublons, réduire les échelons hiérarchiques et accélérer les circuits de décision.
La banque entend notamment revoir la taille de ses fonctions centrales, dont les coûts de fonctionnement pèsent sur sa structure opérationnelle. Cette réduction doit s’accompagner d’une réallocation des ressources vers les activités commerciales jugées prioritaires, notamment la banque d’affaires, les dépôts et le crédit immobilier.
La transformation technologique constitue également l’un des éléments avancés par la direction. L’évolution rapide des outils numériques et de l’intelligence artificielle modifie les besoins en compétences et les modalités d’organisation des activités bancaires. NAB n’a toutefois pas précisé quelle proportion des suppressions de postes serait directement attribuable à l’automatisation.
Cette annonce intervient dans un contexte de restructurations successives du secteur bancaire australien. ANZ avait déjà engagé un programme de réduction d’environ 3 500 emplois, accompagné de la suppression d’un millier de contrats de prestataires, sous la direction de Nuno MATOS. Commonwealth Bank et Westpac ont également procédé à des ajustements organisationnels et à des réductions ciblées de leurs effectifs.
Les établissements australiens doivent composer avec une concurrence accrue, des marges sous pression et des perspectives de ralentissement de la croissance du crédit immobilier. La maîtrise des charges de personnel et la simplification des structures administratives occupent désormais une place importante dans leurs programmes de réduction des coûts.
Chez NAB, l’annonce a immédiatement provoqué une réaction syndicale. Nicole McPHERSON, secrétaire nationale adjointe du syndicat du secteur financier, a vivement critiqué l’ampleur des suppressions de postes et leur calendrier, à quelques semaines des fêtes de fin d’année.
L’organisation syndicale dénonce une décision susceptible de fragiliser les collaborateurs concernés et conteste la manière dont la direction conduit cette transformation. Des consultations ont été engagées afin d’examiner les conséquences sociales du programme.
La question du redéploiement des collaborateurs et des possibilités de mobilité interne devrait occuper une place importante dans ces discussions. La concentration des suppressions sur les fonctions centrales et l’encadrement supérieur pourrait également modifier les perspectives de carrière des managers et les parcours d’évolution au sein du groupe.
La restructuration intervient alors que plusieurs banques australiennes développent leurs centres de services internationaux, notamment en Inde et au Vietnam. L’évolution de la répartition géographique des fonctions support constitue ainsi un autre sujet de préoccupation pour les représentants des salariés.
NAB devrait apporter des précisions supplémentaires sur les économies attendues et les modalités de mise en œuvre de son programme lors de la publication de ses résultats annuels, prévue début novembre. L’établissement devra notamment détailler la répartition des suppressions de postes, les mesures d’accompagnement social et les conséquences de cette réorganisation sur ses capacités opérationnelles.
Avec jusqu’à 2 500 emplois concernés, NAB engage une transformation significative de son organisation interne. Son exécution constituera un test pour la capacité du groupe à réduire durablement ses coûts sans dégrader la qualité de service ni accentuer les tensions sociales au sein de ses équipes.




