Acteur majeur de l’industrie pharmaceutique mondiale, Novartis engage une réorganisation appelée à réduire fortement ses effectifs à Kleinbasel. Les 130 emplois potentiellement concernés représentent 65 % des quelque 200 postes actuellement rattachés à ce site. L’ampleur de cette proportion donne à l’opération une dimension sociale importante, même si le nombre définitif de suppressions dépendra de la consultation désormais ouverte.
La restructuration repose sur deux calendriers distincts. Novartis cessera d’abord, d’ici fin 2027, la production à petite échelle de substances médicamenteuses biologiques réalisée à Kleinbasel. Ces activités doivent être redistribuées vers d’autres sites existants de son réseau de fabrication, notamment en Europe. Le groupe ne prévoit donc pas d’abandonner cette production, mais de la concentrer dans des unités déjà intégrées à son dispositif industriel.
Les laboratoires chargés des banques de cellules biologiques, des tests analytiques et du développement technique resteront en activité plus longtemps. Leur transfert vers le campus principal de Novartis à Bâle doit être achevé avant la fin de 2028. Cette relocalisation interne accompagne la création d’un nouveau centre de développement technique consacré aux produits biologiques.
Le projet ne constitue pas une décision improvisée. Le regroupement avait été annoncé dès 2022 et tient compte de l’expiration, en 2029, des différents baux immobiliers du site de Kleinbasel. Son exécution transforme néanmoins une trajectoire immobilière et industrielle planifiée en une restructuration majeure pour les équipes concernées.
Le principal enjeu portera sur la capacité du groupe à distinguer les postes transférables de ceux appelés à disparaître. Le déplacement des laboratoires à l’intérieur de Bâle peut offrir des possibilités de mobilité à certains salariés, tandis que l’arrêt de la production expose davantage les fonctions directement rattachées aux installations de Kleinbasel. Les compétences spécialisées en bioproduction, contrôle analytique et développement biologique devront être précisément cartographiées avant les arbitrages définitifs.
Novartis a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement. Le plan social existant sera prolongé jusqu’à la fin de 2028. Il doit notamment prévoir des centres pour l’emploi, des solutions de reclassement et des départs en retraite anticipée. L’étalement de l’opération sur plus de deux ans laisse du temps pour organiser des mobilités, proposer des formations et rechercher des postes dans les autres entités du groupe. Cette durée ne réduit toutefois pas l’incertitude supportée par les collaborateurs tant que les décisions individuelles ne sont pas arrêtées.
La procédure d’information et de consultation devra permettre d’examiner le nombre de postes réellement supprimés, les catégories professionnelles touchées, les possibilités de transfert et les critères appliqués. Elle devra également préciser les conditions d’accès aux dispositifs annoncés. La qualité du dialogue avec les représentants du personnel sera déterminante pour rendre lisible un projet associant fermeture partielle, déménagement de laboratoires et redistribution internationale de la production.
Cette réorganisation intervient alors que Novartis engage parallèlement 23 milliards de dollars sur cinq ans pour construire ou agrandir dix sites aux États-Unis. Cet investissement s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement de la production pharmaceutique américaine. Il ne signifie pas que les activités de Kleinbasel seront directement transférées aux États-Unis, le groupe ayant indiqué que leur redéploiement concernerait notamment son réseau européen. Il révèle néanmoins un déplacement des priorités d’investissement au sein de son appareil industriel mondial.
À Bâle, la réussite de l’opération sera donc évaluée au-delà du respect du calendrier immobilier. Elle dépendra du nombre d’emplois préservés par la mobilité, de la qualité des reclassements et de la capacité de Novartis à conserver des expertises biologiques rares. Pour les 200 collaborateurs de Kleinbasel, la période allant jusqu’à fin 2028 déterminera si ce regroupement se traduit principalement par des départs ou par une redistribution effective des compétences au sein du groupe.




