Attijariwafa bank renforce sa présence continentale avec une opération structurante en Afrique de l’Ouest. Le groupe marocain a annoncé la signature d’un accord portant sur la prise de contrôle de Société Générale Ghana, banque universelle cotée à la Bourse d’Accra. Cette acquisition, si elle est finalisée, permettra au groupe de consolider son maillage africain tout en s’ouvrant davantage à un marché anglophone stratégique.
Selon les éléments communiqués, Société Générale cède l’intégralité de sa participation de 60,22 % dans sa filiale ghanéenne. Attijariwafa bank en reprend 55,22 % et deviendra ainsi l’actionnaire majoritaire. Les 5 % restants seront acquis par la Social Security and National Insurance Trust, la SSNIT, institution publique ghanéenne active dans la gestion des retraites. Cette montée au capital portera la part de la SSNIT à environ 24,36 %, contre 19,36 % auparavant, ce qui maintient une présence significative d’un actionnaire ghanéen aux côtés du nouveau contrôle marocain.
Le prix de l’opération n’a pas été rendu public. Les deux parties précisent par ailleurs que la transaction n’est pas encore finalisée. Elle demeure conditionnée à l’obtention des autorisations réglementaires et boursières requises dans les deux pays. À ce stade, il s’agit donc d’un accord de prise de contrôle, et non d’un closing effectif. Les modalités futures liées à la gouvernance, au nom commercial de la banque, à la gamme de produits ou à un éventuel rebranding n’ont pas encore été détaillées.
Pour Attijariwafa bank, l’intérêt de l’opération tient à la solidité de la cible. Société Générale Ghana affiche des fondamentaux de taille. À fin 2025, son produit net bancaire atteignait 1,356 milliard de cedis ghanéens, pour un résultat net de 397 millions de GHS. Son total bilan s’élevait à 9,7 milliards de GHS et ses fonds propres à 2,6 milliards de GHS. La banque dispose en outre d’un réseau de 40 agences réparties dans 24 villes, ce qui lui donne une couverture commerciale déjà bien installée dans le pays. Sa capitalisation boursière ressortait à 3,9 milliards de GHS au 29 septembre 2026.
L’opération présente aussi un intérêt particulier du point de vue des ressources humaines. Le communiqué évoque plus de 500 collaborateurs repris avec l’activité. Les comptes indiquent plus précisément un effectif de 536 salariés au 31 décembre 2025, contre 530 un an plus tôt. L’évolution reste modérée, ce qui traduit une structure relativement stable. La banque comptait également 535 salariés fin 2023 et 542 fin 2022. Autrement dit, la cible n’est pas dans une phase d’expansion rapide de ses effectifs, mais dans une logique de continuité opérationnelle.
À ce stade, aucun plan social, aucun programme spécifique de recrutements et aucune réorganisation détaillée n’ont été annoncés. Le point important est ailleurs : le transfert des salariés est inclus dans le périmètre de reprise, au même titre que les activités et les portefeuilles clients. Pour les observateurs RH, les indicateurs à suivre après finalisation seront donc le maintien de l’effectif, l’évolution du turnover, la capacité à préserver les compétences clés et la continuité du réseau de 40 agences.
L’acquéreur rappelle de son côté son envergure : plus de 22 000 collaborateurs, plus de 12 millions de clients et, après cette implantation, une présence dans 27 pays. L’intégration de la filiale ghanéenne représenterait ainsi un peu plus de 2 % des effectifs du groupe. Le véritable enjeu sera moins quantitatif qu’organisationnel : réussir l’intégration d’une banque installée dans un environnement anglophone, tout en préservant sa performance, ses équipes et sa relation client. C’est sur ce terrain que se mesurera, dans les prochains mois, la portée réelle de cette acquisition.




