La future installation doit remplacer le traitement essentiellement fondé sur l’enfouissement par un ensemble associant tri, recyclage, incinération, récupération du biogaz et production électrique. Le site de Médiouna, marqué par les émissions de méthane, les lixiviats et les nuisances sanitaires, devra parallèlement être réhabilité.
Le montage industriel associe l’expertise de Kanadevia Inova dans la valorisation énergétique, les activités énergétiques de Nareva et les capacités d’investissement d’I-Environment Investments, filiale d’Itochu. La création de leur entreprise commune avait été notifiée au Conseil de la concurrence. Somagec doit assurer la construction, prévue sur environ trois ans et demi.
La première demande de main-d’œuvre concernera les métiers du chantier : ingénieurs en génie civil, conducteurs de travaux, soudeurs industriels, tuyauteurs, électromécaniciens, automaticiens et responsables HSE. Les entreprises adjudicataires devront aussi mobiliser des spécialistes des installations électriques, du raccordement au réseau et des équipements sous pression.
L’exploitation nécessitera des effectifs moins nombreux, mais plus spécialisés. Les profils recherchés devront maîtriser la combustion, le traitement des fumées, l’analyse des rejets, la maintenance prédictive, l’instrumentation et les systèmes de contrôle industriel. La gestion des mâchefers, des cendres et des résidus dangereux exigera également des compétences environnementales précises.
La présentation technique publiée par Nareva mentionne plus de 1,4 million de tonnes traitées annuellement, une unité de valorisation énergétique de 115 MW, un parc solaire photovoltaïque de 50 MW et une unité de biogaz de 4 MW. Cette combinaison impose aux équipes de piloter plusieurs sources d’énergie dans une même installation.
Pour les directions des ressources humaines du consortium et de ses sous-traitants, le principal risque sera de recruter trop tard. Les formations doivent commencer pendant les travaux afin que les équipes marocaines participent aux essais, à la mise en service et au démarrage. Le transfert de compétences devra être contractualisé, documenté et mesuré par métier.
Des partenariats avec les écoles d’ingénieurs, les universités et l’OFPPT pourraient préparer les techniciens aux procédés thermiques, à l’automatisation et à la maintenance des centrales. Les besoins concernent aussi la cybersécurité industrielle, car une usine pilotée par des systèmes numériques devient exposée aux intrusions et aux interruptions d’exploitation.
Le volet social de Médiouna appelle une attention particulière. Des travailleurs informels vivent directement ou indirectement de la récupération des déchets. Leur présence ne garantit pas leur embauche dans l’usine, dont les postes demanderont des qualifications et des règles de sécurité plus strictes. En l’absence de plan annoncé, leur reconversion reste un chantier à construire.
La DRH peut organiser un recensement des activités, évaluer les savoir-faire, proposer des formations courtes et orienter les personnes vers le tri, la logistique, l’entretien ou d’autres fonctions accessibles. La contractualisation, l’affiliation sociale, les équipements de protection et le suivi médical devront accompagner toute intégration.
La réussite RH ne se mesurera donc pas uniquement au nombre d’emplois créés. Elle dépendra de la proportion de compétences marocaines dans les fonctions techniques, du nombre de certifications obtenues, de la fréquence des accidents, du transfert effectif des responsabilités et des possibilités offertes aux travailleurs locaux. Sans ces indicateurs, l’installation produira de l’électricité, mais son apport au capital humain restera difficile à établir.




