La CIMR a présenté au titre de l’exercice 2025 des résultats financiers solides, approuvés par ses adhérents réunis en Assemblée Générale Ordinaire et Extraordinaire le 25 mai 2026 à Casablanca, sous la présidence de Hassan Boulaknadal. Les chiffres publiés confirment une progression des principaux agrégats financiers : les provisions techniques atteignent 102,47 milliards de dirhams, l’excédent d’exploitation ressort à 9,50 milliards de dirhams et le portefeuille est estimé à 125,55 milliards de dirhams en valeur de marché. Mais derrière ces indicateurs financiers, la donnée la plus structurante concerne l’élargissement de la base du régime.
En 2025, la CIMR a enregistré 13.655 nouveaux adhérents, contre 10.745 en 2024. La progression est de 27,1 % en un an. Cette hausse, particulièrement marquée, montre que la caisse ne se contente pas de préserver ses équilibres actuariels : elle continue d’élargir son périmètre d’adhésion et de renforcer son assise contributive. Dans un régime de retraite complémentaire, cette dynamique est déterminante. Elle conditionne à la fois la capacité à financer les engagements futurs, la stabilité du modèle et la confiance des entreprises comme des particuliers.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Nouveaux adhérents | 10.745 | 13.655 | +27,1 % |
| Adhérents individuels | 10.198 | 13.106 | +28,5 % |
| Entreprises adhérentes | 547 | 549 | +0,4 % |
| Affiliés issus des nouvelles entreprises | 5.761 | 7.868 | +36,6 % |
La lecture détaillée de cette progression est instructive. Les adhérents individuels passent de 10.198 en 2024 à 13.106 en 2025, soit 2.908 adhérents supplémentaires et une progression de 28,5 %. Cette évolution explique l’essentiel de l’accélération observée sur l’exercice. À l’inverse, le nombre de nouvelles entreprises adhérentes reste pratiquement stable, avec 549 entreprises en 2025 contre 547 en 2024. La progression n’est donc pas portée par une hausse massive du nombre d’entreprises entrantes, mais par la montée en puissance des adhésions individuelles.
Ce point est important pour l’analyse du positionnement de la CIMR. La caisse semble bénéficier d’un intérêt croissant de la part des particuliers, dans un marché où la retraite complémentaire devient un sujet de préoccupation plus visible. Pour les actifs du secteur privé, les indépendants ou certaines catégories de travailleurs souhaitant sécuriser leur revenu futur, la retraite complémentaire prend une place croissante dans les arbitrages patrimoniaux. La dynamique de 2025 traduit ainsi une demande plus individualisée, moins dépendante des seuls canaux d’adhésion collective via les entreprises.
La quasi-stabilité du nombre d’entreprises nouvellement adhérentes ne doit pas masquer un autre signal favorable : les 549 entreprises entrées en 2025 ont généré 7.868 affiliés, contre 5.761 affiliés pour 547 entreprises en 2024. Autrement dit, les nouvelles entreprises adhérentes ont contribué à intégrer davantage d’affiliés qu’un an plus tôt. Le nombre moyen d’affiliés par nouvelle entreprise progresse ainsi, ce qui suggère une meilleure profondeur des adhésions collectives, même si le flux d’entreprises reste stable.
La progression du stock global d’affiliés confirme cette tendance. La CIMR compte 822.806 affiliés à fin 2025, contre 782.849 à fin 2024. La caisse gagne ainsi 39.957 affiliés supplémentaires en une année, soit une hausse de 5,1 %. En 2024, la progression du nombre d’affiliés s’était établie à 4,3 % par rapport à 2023. L’exercice 2025 marque donc une accélération du rythme de croissance de la population affiliée.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Variation nette | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| Total affiliés | 782.849 | 822.806 | +39.957 | +5,1 % |
| Actifs cotisants | 447.480 | 474.524 | +27.044 | +6,0 % |
| Ayants droit | 335.369 | 348.282 | +12.913 | +3,9 % |
| Bénéficiaires de prestations | 207.047 | 212.053 | +5.006 | +2,4 % |
La donnée la plus favorable, sur le plan actuariel, concerne les actifs cotisants. Leur nombre passe de 447.480 en 2024 à 474.524 en 2025, soit 27.044 cotisants supplémentaires. La progression ressort à 6 %, contre 4 % en 2024. Cette accélération est essentielle, car les actifs cotisants constituent le socle contributif du régime. Ce sont eux qui alimentent la caisse et soutiennent la capacité du régime à faire face à ses engagements dans le temps.
La progression des ayants droit est plus modérée. Leur nombre atteint 348.282 en 2025, contre 335.369 en 2024, soit une hausse de 3,9 %. La différence de rythme entre actifs cotisants et ayants droit est favorable à la lecture globale du régime : la population qui cotise progresse plus vite que la population des ayants droit. Dans un système de retraite, cet équilibre démographique est un indicateur important, car il renseigne sur la solidité de la base contributive et sur la capacité du régime à absorber l’évolution future des prestations.
En parallèle, 212.053 personnes ont bénéficié d’une prestation de la part de la CIMR en 2025, contre 207.047 en 2024. La hausse est de 5.006 bénéficiaires, soit 2,4 %. Là encore, la comparaison est utile : les actifs cotisants progressent plus vite que les bénéficiaires de prestations. Cette configuration renforce le message de pérennité mis en avant par la caisse dans son bilan actuariel.
Sur le plan financier, les provisions techniques atteignent 102,47 milliards de dirhams en 2025, contre 92,97 milliards de dirhams en 2024. La hausse est de 9,49 milliards de dirhams, soit 10 %. Ces provisions regroupent la réserve de prévoyance ainsi que la provision mathématique relative à la capitalisation et aux prestations échues non encore payées. Leur progression constitue l’un des marqueurs de la capacité de la CIMR à couvrir ses engagements futurs.
| Indicateur financier | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Provisions techniques | 92,97 Mds DH | 102,47 Mds DH | +10 % |
| Excédent d’exploitation | 8,55 Mds DH | 9,50 Mds DH | +11 % |
| Produits nets du patrimoine | 4,13 Mds DH | 4,48 Mds DH | +9 % |
| Portefeuille en valeur de marché | 107,24 Mds DH | 125,55 Mds DH | +17,1 % |
L’excédent d’exploitation, hors provision mathématique relative à la capitalisation, atteint pour sa part 9,50 milliards de dirhams, contre 8,55 milliards de dirhams un an auparavant. La progression est de 11 %. Cette performance traduit une amélioration de la capacité bénéficiaire du régime sur l’exercice. Elle s’inscrit dans une tendance cohérente avec l’élargissement de la base cotisante et la hausse des produits du patrimoine.
Les produits nets du patrimoine progressent également, passant de 4,13 milliards de dirhams en 2024 à 4,48 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de 9 %. Le portefeuille de la CIMR est estimé à 125,55 milliards de dirhams en valeur de marché à fin 2025, contre 107,24 milliards un an plus tôt. La progression ressort à 17,1 %, soit plus de 18 milliards de dirhams supplémentaires en valeur de marché. Cette évolution confirme le poids de la caisse parmi les grands investisseurs institutionnels du pays.
La solidité du régime est également confirmée par le bilan actuariel. Selon la CIMR, la projection du fonds de prévoyance répond aux deux critères fixés par la charte de pilotage : un fonds constamment positif sur toute la durée de projection et une courbe ascendante en fin de période. La caisse indique aussi respecter les critères de pérennité prévus par la loi 64-12 ainsi que par la circulaire du président de l’ACAPS du 4 mars 2019 relative au contrôle des organismes de retraite de droit privé. Les résultats du bilan actuariel 2025 ont été certifiés par le cabinet indépendant Forvis Mazars.
Ces éléments donnent une lecture plus complète de l’exercice 2025. La CIMR affiche certes une progression de ses indicateurs financiers, mais la robustesse du régime repose surtout sur la combinaison de trois facteurs : l’augmentation des provisions techniques, la progression du patrimoine et l’élargissement de la population cotisante. C’est cette articulation qui donne du sens à la confirmation de la pérennité du régime.
L’exercice 2025 a aussi été marqué par plusieurs chantiers de transformation. La CIMR poursuit la mise en place d’une politique de gouvernance des données destinée à renforcer la qualité, la fiabilité, la sécurité et la cohérence des données stratégiques. Cette démarche vise à améliorer la circulation de l’information, à fiabiliser les décisions et à accompagner la modernisation de l’institution.
La caisse a également engagé des initiatives autour de l’intelligence artificielle, avec l’objectif d’explorer des solutions permettant d’optimiser les processus internes, d’améliorer la qualité de service et de renforcer l’efficacité opérationnelle. La démarche est présentée comme progressive et responsable, intégrant les enjeux d’éthique, de sécurité et de création de valeur. Ce positionnement traduit une volonté d’utiliser la technologie comme levier d’efficience, sans la dissocier des exigences de gouvernance propres à un organisme de retraite.
La RSE constitue un autre axe de développement. La CIMR poursuit la structuration de sa démarche autour de la gouvernance responsable, du capital humain, de l’inclusion, de l’engagement sociétal et de la maîtrise de son impact environnemental. Cette orientation prolonge les avancées enregistrées en 2024, notamment l’obtention du label RSE et l’adoption d’une charte de communication responsable.
Enfin, la refonte du système d’information et la modernisation des plateformes digitales restent des chantiers centraux. Ils doivent permettre de renforcer la fiabilité, la sécurité et la continuité des services, tout en améliorant l’expérience des utilisateurs. La refonte du site institutionnel s’inscrit dans cette même logique, avec une ambition de simplification des parcours et d’amélioration de l’accès à l’information.
L’analyse de l’exercice 2025 montre donc une CIMR en phase de consolidation, mais aussi d’élargissement. Les chiffres financiers donnent une image de solidité. Les chiffres d’adhésion donnent, eux, une indication plus stratégique : le régime attire davantage, progresse plus vite sur les actifs cotisants et renforce sa base contributive. Dans un secteur où la confiance se construit sur le long terme, cette dynamique d’adhésion constitue probablement l’indicateur le plus important de l’année.




