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Mokharek alerte sur les agents de sécurité et critique les « syndicats partisans »
Dans un entretien accordé à Hespress à l’occasion du 1er mai, Miloudi MOKHAREK, secrétaire général de l’Union marocaine du travail, a critiqué la dernière séquence du dialogue social, notamment la réduction annoncée du temps de travail des agents de sécurité privée. Le dirigeant syndical redoute que cette mesure soit contournée par certaines sociétés de sous-traitance à travers une baisse des rémunérations.
Après 2026, le dialogue social devra changer de méthode
Le cycle social 2021-2026 a permis au Maroc de produire des accords importants sur les salaires, les minima, la fiscalité, certains statuts publics et l’accès à la pension CNSS. Mais il a aussi révélé les limites d’un modèle encore trop centralisé, dépendant des arbitrages de l’État et plus efficace pour distribuer que pour transformer. Après 2027, l’enjeu ne sera plus seulement de négocier de nouvelles mesures. Il faudra construire un dialogue social plus continu, plus territorial, plus sectoriel et mieux ancré dans les entreprises.
État social : l’arbitre est aussi partie prenante
Le dialogue social marocain place l’État dans une position singulière. Il négocie, finance, régule, emploie et arbitre, tout en portant le discours de l’État social. Cette pluralité de rôles donne à l’Exécutif une capacité d’action décisive, mais elle expose aussi ses contradictions : revalorisation importante du secteur public, contraintes imposées au secteur privé, responsabilité historique dans certains déséquilibres sociaux et report des réformes les plus coûteuses politiquement.
Retraites : le dossier que le dialogue social ne parvient pas à trancher
La réforme globale des retraites reste l’un des grands blocages du cycle social 2021-2026. Contrairement aux mesures ciblées sur la CNSS, le chantier systémique impose des arbitrages politiquement coûteux : âge de départ, taux de cotisation, niveau des pensions, équilibre financier des régimes. Face au refus syndical des trois leviers classiques, le gouvernement a choisi de temporiser, reportant au prochain cycle une réforme que les déséquilibres actuariels rendent pourtant difficile à éviter.
Droit de grève : une loi validée, une confiance fragilisée
La loi organique 97.15 sur le droit de grève a mis fin à un vide juridique de plusieurs décennies, mais son adoption a profondément divisé les partenaires sociaux. Préavis obligatoire, vote préalable, sanctions financières, encadrement des arrêts de travail : le texte répond à une demande ancienne de clarification. Il ouvre aussi une période de défiance syndicale, au moment même où le dialogue social cherche à s’institutionnaliser.
SMIG, SMAG : les bas salaires imposent une révision des grilles
La progression du SMIG et du SMAG sur la période 2021-2026 ne constitue pas seulement une mesure de soutien au pouvoir d’achat. Elle oblige les entreprises à reconsidérer leurs grilles salariales, leurs écarts internes et leur capacité à absorber la hausse du coût du travail. En parallèle, le cas des agents de sécurité privée, dont le temps de travail quotidien doit passer de 12 à 8 heures à partir de 2027, révèle une autre dimension du dialogue social : la qualité réelle de l’emploi au bas de l’échelle.
Retraite CNSS : les 1.320 jours changent la donne
L’abaissement du seuil de cotisation CNSS de 3.240 à 1.320 jours constitue l’une des mesures sociales les plus concrètes du cycle 2021-2026. Derrière cette modification technique se joue une question centrale : comment reconnaître les parcours professionnels discontinus, fréquents au Maroc, et éviter que des collaborateurs ayant cotisé plusieurs années restent exclus d’une pension de vieillesse.
IR et salaires : la fiche de paie au centre du dialogue social
L’accord du 29 avril 2024 a marqué une inflexion dans le dialogue social marocain. Au-delà de l’augmentation générale de 1.000 dirhams nets pour les fonctionnaires concernés, il a mobilisé un levier plus large : la réforme de l’Impôt sur le Revenu. En agissant à la fois sur le salaire, les minima légaux et le net perçu, l’État a placé la fiche de paie au cœur du compromis social.
Éducation, Santé : le dialogue social sous pression sectorielle
En 2023, le dialogue social marocain a quitté le seul cadre des accords nationaux pour se déplacer vers les secteurs publics essentiels. L’Éducation nationale, la Santé et l’Enseignement supérieur ont imposé leur propre agenda social, avec des enveloppes importantes : 18,47 milliards de dirhams pour l’Éducation nationale, 4 milliards de dirhams par an pour la Santé et 2 milliards pour l’Enseignement supérieur. Ces accords ont permis de contenir des crises lourdes, mais ils ont aussi révélé la montée des revendications catégorielles.
30 avril 2022 : l’accord qui a lancé le cycle social
Signé à la veille de la fête du Travail, l’accord du 30 avril 2022 a donné une première traduction concrète à la séquence sociale ouverte après les élections de 2021. Hausse du SMIG et du SMAG, relèvement du salaire minimum net dans la fonction publique, suppression de l’échelle 7, amélioration du quota de promotion et réforme du seuil CNSS : ce pacte a installé la rémunération, la carrière et la protection sociale au centre du compromis national.
Dialogue social : une institutionnalisation encore fragile
En ce 1er mai, le dialogue social marocain arrive à un moment d’évaluation. Entre 2021 et 2026, les accords salariaux, les mesures fiscales, les revalorisations sectorielles et la volonté d’encadrer plus régulièrement les négociations ont installé une nouvelle séquence sociale. Le bilan ne se limite plus au pouvoir d’achat. Il interroge la capacité du pays à transformer des rounds périodiques en véritable méthode de régulation sociale.
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