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[RAPPORT] Croissance sans emplois : le Maroc face au test de sa productivité

Le rapport 2026 de la Banque mondiale, Scaling the Atlas: Growth and Jobs for a Prosperous Morocco, met au centre du diagnostic une faille stratégique : le Maroc a investi massivement, construit des infrastructures, stabilisé son cadre macroéconomique et développé de nouveaux secteurs exportateurs, mais cette trajectoire ne produit pas assez d’emplois. Pour les entreprises, les DRH et les décideurs publics, l’enjeu dépasse la seule croissance. Il porte désormais sur la capacité du pays à transformer son capital humain en activité productive, formelle et inclusive.

Nisrine M. by Nisrine M.
30 avril 2026
in Etudes et publications
Reading Time: 18 mins read
[RAPPORT] Croissance sans emplois : le Maroc face au test de sa productivité l DRH.ma

[RAPPORT] Croissance sans emplois : le Maroc face au test de sa productivité l DRH.ma

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Le Maroc n’a pas un problème de croissance au sens classique du terme. Il a un problème de conversion de la croissance en emplois. C’est la lecture centrale du rapport Scaling the Atlas: Growth and Jobs for a Prosperous Morocco, publié en avril 2026 par la Banque mondiale. Le document, conçu comme une contribution analytique aux objectifs du Nouveau Modèle de Développement, rappelle que le Royaume vise notamment le doublement du PIB par habitant à l’horizon 2035, un taux d’emploi féminin de 45 % et la formalisation de 80 % de l’emploi. Ces objectifs restent atteignables sur le papier, mais pas avec la trajectoire actuelle.

La Banque mondiale ne nie pas les avancées marocaines. Elle rappelle la stabilité macroéconomique, la montée en puissance des infrastructures, l’intégration progressive aux chaînes de valeur mondiales, notamment dans l’automobile et l’aéronautique, ainsi que le recul de la pauvreté multidimensionnelle, passée de 25 % en 2004 à 5,7 % en 2022. Mais le rapport déplace le débat : la question n’est plus de savoir si le Maroc a progressé, mais si son modèle de croissance crée suffisamment d’emplois productifs pour absorber une population active mieux formée, plus urbaine et plus exigeante. Selon la Banque mondiale, le pays a généré entre 2000 et 2024 en moyenne 215 000 emplois de moins par an que nécessaire pour maintenir stable le taux d’emploi. Ce déficit s’est aggravé sur la période 2020-2024, pour atteindre 370 000 emplois manquants par an.

Ce chiffre résume le paradoxe marocain. Le pays investit beaucoup, mais embauche insuffisamment. Depuis 2000, le taux d’investissement avoisine 30 % du PIB, un niveau élevé en comparaison internationale. L’effort est considérable, porté en grande partie par le secteur public et les entreprises publiques. Il a permis de bâtir des ports, des routes, des lignes ferroviaires, des zones industrielles et des plateformes logistiques. Pourtant, cette accumulation de capital n’a pas produit les gains de productivité attendus. Le rapport estime que la productivité globale des facteurs n’a contribué qu’à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la croissance dans les années 2000, puis 0,7 point dans les années 2010, avec un recul supplémentaire après la pandémie. L’économie marocaine a ajouté du capital, sans augmenter suffisamment l’efficacité avec laquelle ce capital, le travail et les compétences sont combinés.

La limite d’un modèle tiré par l’investissement public

Le rapport de la Banque mondiale met en évidence une architecture de croissance largement tirée par l’accumulation du capital. Le capital a représenté 68 % de la croissance dans les années 2000 et 85 % depuis 2010. Cette orientation n’est pas condamnable en soi. Un pays qui construit ses infrastructures, modernise ses équipements et renforce ses capacités productives doit investir massivement. Le problème apparaît lorsque l’investissement ne déclenche pas assez de dynamisme privé, de concurrence, d’innovation et d’emplois formels.

Le risque est double. D’abord, l’investissement public peut produire des actifs utiles, mais peu intensifs en emplois durables une fois les chantiers achevés. Ensuite, l’endettement de l’État et des entreprises publiques peut absorber une part importante de l’épargne nationale et réduire l’espace de financement disponible pour les entreprises privées, en particulier les jeunes entreprises capables de porter l’innovation, la productivité et l’emploi qualifié. La Banque mondiale souligne que le défi n’est pas seulement le volume de l’investissement public, mais sa qualité, sa sélection, son évaluation et sa capacité à entraîner l’investissement privé.

Cette lecture oblige à sortir d’une approche purement quantitative. Construire plus ne suffit plus. Investir plus ne suffit plus. Il faut investir mieux, dans des projets capables d’augmenter la productivité globale de l’économie. Cela implique des arbitrages plus exigeants : sélectionner les projets selon leur rendement économique, renforcer l’évaluation ex ante, limiter les investissements de prestige peu productifs, coordonner les politiques sectorielles et mesurer systématiquement les effets sur les entreprises, l’emploi et les territoires.

Le rapport rappelle également que la croissance marocaine, bien que plus stable qu’auparavant, n’a pas permis une convergence rapide avec les économies à revenu élevé. En 2023, le revenu national brut par habitant représentait 7,7 % de la moyenne des économies à revenu élevé, soit seulement 0,7 point de plus qu’en 2000. Le Maroc a donc progressé, mais sans changer suffisamment de trajectoire relative. Cette donnée est centrale : le pays ne peut pas se contenter d’une croissance régulière si celle-ci reste proche de la médiane mondiale et ne modifie pas assez vite sa position dans la hiérarchie des revenus.

L’autre alerte vient du marché du travail. Le taux d’activité est passé de 53,1 % en 2000 à 43,5 % en 2024. Une partie de ce recul s’explique par l’allongement de la scolarisation, mais pas entièrement. Même en excluant les étudiants, la participation au marché du travail baisse. Cela signifie qu’une partie croissante de la population en âge de travailler ne trouve pas dans l’économie des opportunités suffisamment attractives, accessibles ou compatibles avec ses attentes. Le problème n’est donc pas seulement le chômage mesuré. Il est aussi dans le découragement, l’inactivité contrainte et la faible qualité des emplois proposés.

La sécheresse transforme le marché du travail

La Banque mondiale insiste sur un facteur désormais impossible à traiter comme un choc ponctuel : le climat. La sécheresse modifie déjà la géographie de l’emploi au Maroc. Entre 2015 et 2024, l’emploi rural a reculé de 1,2 million de travailleurs, soit une baisse de 23 %. Cette contraction ne relève pas seulement d’une mutation sectorielle naturelle. Elle traduit une pression climatique directe sur l’agriculture, qui reste une source majeure d’activité pour les populations rurales et faiblement qualifiées.

Les collaborateurs déplacés hors de l’agriculture ne rejoignent pas automatiquement des emplois industriels formels ou des services qualifiés. Beaucoup s’orientent vers des activités urbaines à faible productivité, souvent informelles. Le rapport indique que Casablanca, Marrakech, Tanger et Rabat concentrent aujourd’hui 62 % de l’emploi total. Cette concentration urbaine pose un défi d’absorption. Les villes reçoivent une population active fragilisée par la perte d’emplois ruraux, sans disposer toujours d’un tissu productif capable de proposer des emplois stables, déclarés et évolutifs.

Ce phénomène devrait être traité comme un sujet RH national. La transition climatique n’est pas uniquement une question d’eau, d’agriculture ou d’infrastructures hydrauliques. Elle devient une question de compétences, de mobilité professionnelle, de formation courte, de certification, d’insertion, de reconversion et de services publics de l’emploi. Les travailleurs ruraux touchés par la sécheresse ne peuvent pas être renvoyés vers un marché urbain déjà saturé par les services informels. Ils ont besoin de passerelles vers les métiers industriels, logistiques, de maintenance, de construction spécialisée, d’énergie, de services à la personne ou d’économie verte.

Le compte à rebours démographique rend cette transition plus urgente. Le rapport indique que la fenêtre démographique favorable du Maroc se refermera progressivement après 2030, avec une remontée du ratio de dépendance. Autrement dit, le pays dispose de quelques années pour transformer sa population en âge de travailler en force productive plus active. Passé ce délai, la pression du vieillissement et des dépendances sociales réduira la marge de manoeuvre. Le dividende démographique ne se décrète pas. Il se convertit par l’emploi, la productivité et la participation au marché du travail.

Femmes et jeunes diplômés : le capital humain sous-utilisé

Le constat le plus sévère concerne sans doute les femmes et les jeunes. Le Maroc a investi dans l’éducation, et les jeunes femmes sont désormais très présentes dans l’enseignement supérieur. Mais cette progression éducative ne se traduit pas dans le marché du travail. Selon la Banque mondiale, le taux de participation des femmes est passé de 28 % en 2000 à 19 % en 2024. L’écart avec les hommes atteint près de 50 points, parmi les plus élevés au monde. Le rapport relève toutefois un élément plus positif : chez les femmes urbaines âgées de 25 à 34 ans, la participation est passée de 26 % en 2016 à 34 % en 2024, ce qui montre que les comportements peuvent évoluer lorsque les conditions économiques, sociales et logistiques le permettent.

Les obstacles ne relèvent pas uniquement des normes sociales. Ils sont aussi organisationnels. La Banque mondiale indique que 47 % des entreprises formelles ne comptent aucune femme dans leurs effectifs, proportion qui monte à 52 % dans les entreprises dirigées par des hommes. Les secteurs où les femmes sont présentes restent concentrés : administration publique, services sociaux, commerce et industrie manufacturière. Dans la fabrication formelle, environ 76 % des travailleuses se trouvent dans le textile et l’agroalimentaire. Cela traduit une segmentation persistante du marché du travail, où les femmes restent cantonnées à certains métiers et certains environnements professionnels.

Pour les DRH, cette donnée mérite une lecture directe. La participation féminine ne dépend pas seulement des politiques publiques. Elle dépend aussi des pratiques de recrutement, de l’organisation du temps de travail, de la sécurité des trajets, de la disponibilité des crèches, de la transparence salariale, de la gestion des carrières et de la capacité des entreprises à neutraliser les biais. Le rapport mentionne une enquête expérimentale sur les décisions de recrutement dans l’industrie manufacturière montrant que des candidates aussi qualifiées, voire plus qualifiées, peuvent être moins retenues que des candidats masculins. Le sujet n’est donc pas seulement moral ou social. Il relève de l’efficacité économique : exclure les femmes qualifiées réduit la base de compétences disponible.

La jeunesse diplômée fait face à un autre dysfonctionnement. Le rapport estime qu’environ 43 % des diplômés de l’enseignement supérieur sont surqualifiés pour le poste qu’ils occupent. Ce chiffre révèle un mauvais alignement entre le système de formation et la structure productive. Le pays forme davantage, mais l’économie ne crée pas assez de postes correspondant au niveau de qualification atteint. Résultat : déclassement, frustration, retrait du marché du travail ou migration.

La migration qualifiée devient alors un symptôme de sous-utilisation interne. En 2020, 26,1 % des Marocains en âge de travailler titulaires d’un diplôme supérieur vivaient et travaillaient dans un pays de l’OCDE. Cette mobilité peut être une ressource si elle nourrit des transferts de compétences, de capitaux et de réseaux. Elle devient un coût si elle traduit l’incapacité de l’économie nationale à absorber les talents qu’elle forme. Le rapport propose d’ailleurs de mieux organiser la migration circulaire et de créer des instruments d’investissement dédiés à la diaspora. Mais cette réponse ne remplacera pas la nécessité de créer au Maroc des emplois qualifiés à grande échelle.

Des entreprises nombreuses, mais trop peu créatrices d’emplois formels

La faiblesse de la création d’emplois ne vient pas d’un manque d’entreprises. Selon la Banque mondiale, le Maroc comptait environ 363 000 entreprises déclarées à l’administration fiscale en 2022. Le problème tient à leur structure. Environ 94 % sont de très petite taille, souvent concentrées dans des activités non échangeables, comme le commerce ou la construction. Beaucoup restent incapables de changer d’échelle, de formaliser leurs effectifs, d’investir dans la technologie ou de construire des trajectoires de croissance.

L’informalité demeure massive. Le rapport indique que 69,4 % des emplois étaient informels en 2024. Plus préoccupant encore, les entreprises formelles emploient elles-mêmes environ la moitié de leur main-d’oeuvre de manière informelle. Cette situation affaiblit l’efficacité de tout le marché du travail. Elle réduit la protection sociale, limite l’accès à la formation, comprime les salaires, pénalise la productivité et crée une concurrence déloyale entre les acteurs respectueux des règles et ceux qui arbitrent en faveur de l’opacité.

La Banque mondiale pointe aussi un dysfonctionnement rarement formulé aussi clairement : les grandes entreprises marocaines sont en moyenne moins productives que les petites. Dans une économie efficace, les entreprises les plus productives grandissent, captent davantage de ressources, paient mieux et tirent le tissu économique vers le haut. Au Maroc, le rapport observe une situation inverse : certaines grandes entreprises captent des parts importantes du crédit, bénéficient de positions établies, évoluent dans des marchés moins contestables et imposent parfois des délais de paiement qui fragilisent les petits fournisseurs plus productifs.

Ce diagnostic est dur, mais stratégique. Il signifie que la croissance des entreprises n’est pas toujours déterminée par la productivité. Elle peut être déterminée par l’accès au financement, la position de marché, les barrières réglementaires, les relations avec les donneurs d’ordre ou la capacité à retarder les paiements. Quand les ressources ne vont pas vers les entreprises les plus productives, l’économie perd en efficacité. Les emplois créés sont moins nombreux, moins bien payés et moins qualifiés.

Le rapport souligne aussi le rôle du coût de la formalisation. Les cotisations sociales sur les bas salaires, les rigidités perçues du Code du travail, l’application inégale des règles et la difficulté des procédures peuvent inciter des entreprises à rester petites ou partiellement informelles. Pour une jeune entreprise, grandir peut devenir risqué si la croissance déclenche plus de fiscalité, plus de contrôles, plus de charges et plus de rigidité. Le système doit donc rendre la formalisation attractive, pas seulement obligatoire.

Quatre chantiers pour changer de trajectoire

La Banque mondiale ne se limite pas au diagnostic. Elle identifie quatre familles de réformes : des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques, un investissement public plus productif et une population active mieux mobilisée. Ces leviers sont liés. Ouvrir les marchés sans améliorer les compétences produira peu d’effets. Former les jeunes sans créer des entreprises capables de les absorber alimentera la frustration. Encourager les femmes à travailler sans crèches, transports sûrs et pratiques RH équitables restera insuffisant. Réformer le travail sans accès au financement limitera la croissance des PME.

Le premier chantier concerne la concurrence. Le rapport recommande de renforcer l’action du Conseil de la concurrence contre les pratiques collusives, les abus de position dominante et les ententes dans les marchés publics. Il préconise aussi des réformes pro-concurrentielles dans les télécommunications, l’énergie, le transport, les professions réglementées et les marchés numériques. L’objectif est simple : réduire les rentes, faciliter l’entrée de nouveaux acteurs et permettre aux entreprises productives de grandir.

Le deuxième chantier vise le dynamisme des entreprises. Il passe par la poursuite de la réforme de l’impôt sur les sociétés, la réduction du coin fiscal sur les bas salaires, l’amélioration de l’accès au financement pour les PME, la mise en oeuvre effective des garanties mobilières, le développement de la fintech, l’extension de la couverture des bureaux de crédit et la création d’instruments de quasi-fonds propres. Le rapport recommande aussi de rendre les règles d’embauche et de séparation plus prévisibles, tout en les associant à une assurance chômage. L’enjeu n’est pas de fragiliser les collaborateurs, mais de construire un marché du travail où la mobilité n’est pas synonyme de rupture sociale.

Le troisième chantier porte sur l’investissement public. La Banque mondiale plaide pour un cadre centralisé et standardisé de sélection des projets, des évaluations ex ante robustes, des plafonds d’endettement pour l’État et les entreprises publiques, ainsi qu’une meilleure intégration des plans de financement publics dans le processus budgétaire. Cette approche vise à libérer du crédit pour le secteur privé et à faire de l’investissement public un levier d’entraînement plutôt qu’un substitut au dynamisme entrepreneurial.

Le quatrième chantier concerne les femmes, les jeunes et les publics éloignés de l’emploi. Le rapport recommande de renforcer les protections contre les discriminations, de développer des solutions de garde d’enfants, d’améliorer la mobilité des femmes, de promouvoir des organisations de travail plus flexibles, d’aligner les formations professionnelles et universitaires sur les besoins des employeurs, et de donner à l’ANAPEC des capacités renforcées de profilage et d’accompagnement individualisé. Cette dernière dimension est décisive pour les jeunes NEET, les travailleurs ruraux déplacés et les personnes faiblement qualifiées.

Les simulations de la Banque mondiale donnent la mesure de l’enjeu. Un paquet cohérent de réformes pourrait porter le PIB réel à 17 % au-dessus de la trajectoire de référence en 2035, puis près de 24 % en 2050. Il pourrait générer 1,7 million d’emplois supplémentaires de meilleure qualité d’ici 2035, puis 2,5 millions d’ici 2050, avec des salaires réels supérieurs de 15 % à la trajectoire de base. Mais le rapport formule aussi un avertissement : les politiques d’augmentation de la participation au marché du travail produisent les plus grands gains d’emploi seulement si elles sont accompagnées de réformes qui augmentent la productivité. Sans cela, une population active plus nombreuse pourrait exercer une pression à la baisse sur les salaires.

Le Maroc entre donc dans une phase où les politiques économiques, éducatives, sociales et RH doivent être pensées ensemble. Le sujet n’est plus seulement de financer des infrastructures, ni de multiplier les programmes d’insertion, ni de soutenir les entreprises de manière dispersée. Il s’agit de construire une économie où les entreprises productives grandissent, où les jeunes diplômés trouvent des emplois à la hauteur de leur formation, où les femmes peuvent travailler sans subir des coûts invisibles, où les travailleurs ruraux disposent de passerelles réelles vers de nouveaux métiers et où l’investissement public renforce le secteur privé au lieu de l’éclipser. Le rapport de la Banque mondiale met le Maroc devant une équation claire : la croissance ne suffira pas si elle ne devient pas plus productive, plus formelle et plus intensive en emplois.

Tags: Banque mondialeCapital humaincroissance économiqueemploiinformalitéinvestissement publicMarché du TravailMarocproductivitéréformes structurelles
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