La négociation couvre plusieurs secteurs déterminants pour l’emploi industriel allemand : automobile, construction mécanique, transformation des métaux, électrotechnique et autres constructions de véhicules. Les salariés de Volkswagen ne relèvent pas de cette convention de branche, mais d’un accord propre au constructeur. IG Metall présente également pour eux une revendication salariale de 5 % sur une période de douze mois.
IG Metall justifie cette demande par la progression du coût de la vie et la nécessité de préserver le pouvoir d’achat. « Les salariés attendent des emplois sûrs, une compensation face à la hausse des prix et une part équitable des bénéfices des entreprises », a déclaré Christiane Benner, présidente du syndicat. L’accord recherché pourrait varier selon la situation des entreprises.
Cette différenciation doit notamment prendre la forme d’une participation aux bénéfices dans les sociétés qualifiées d’« entreprises en plein boom ». IG Metall veut parallèlement négocier des engagements sur la sécurité des emplois et la pérennité des sites. Ces demandes interviennent alors que plusieurs groupes automobiles réduisent leurs effectifs, leurs capacités de production ou envisagent des fermetures en Allemagne.
La semaine de 35 heures constitue un autre point central. Cette durée résulte des conventions collectives de la métallurgie et non de la loi allemande. IG Metall refuse toute augmentation du temps de travail sans compensation salariale. Christiane Benner juge « inacceptable » sa remise en cause et rejette les menaces de délocalisation utilisées dans les discussions sur les coûts.
Le débat s’est notamment renforcé chez Mercedes-Benz, où un retour à 40 heures hebdomadaires à salaire inchangé a été évoqué. Le constructeur demande une réduction de ses coûts en Allemagne et menace de fermer deux usines. Pour IG Metall, cinq heures supplémentaires sans hausse de rémunération diminueraient le salaire horaire et transféreraient l’effort d’ajustement vers les salariés.
Les positions syndicales tiennent compte d’une conjoncture contrastée. L’automobile traverse une phase de suppressions de postes, tandis que la construction mécanique reste fragilisée. L’électro-industrie, la défense, la technologie médicale, l’aéronautique et le spatial enregistrent de meilleures performances. Christiane Benner a rappelé que la métallurgie et l’électro-industrie dépassaient largement l’automobile. Cette diversité alimente directement la demande de modulation.
Les premiers échanges avec les fédérations patronales régionales commencent le 7 octobre. Les conventions actuelles expirent le 31 octobre. En l’absence d’obligation de paix sociale postérieure, IG Metall pourra organiser des grèves d’avertissement dès le 1er novembre si les discussions ne débouchent pas sur des avancées jugées suffisantes en matière de salaires, d’emploi et de temps de travail.
Le syndicat a mobilisé environ 175 000 salariés lors d’une journée contre les suppressions d’emplois dans l’automobile. Cette mobilisation précède les négociations et les discussions sur les sites. Les fédérations patronales estiment que la sécurisation des emplois industriels passe par une baisse des coûts du travail, face à la concurrence internationale et au coût de la production allemande.
En 2024, IG Metall avait demandé une hausse salariale de 7 % avant d’obtenir 5,1 % en deux étapes. La revendication actuelle est inférieure de deux points et porte sur douze mois. Les négociations traiteront donc les rémunérations, le partage des bénéfices, le temps de travail et les garanties d’emploi selon la situation des entreprises.




