The Walt Disney Company a commencé, le 21 juillet, à notifier plusieurs centaines de collaborateurs concernés par une nouvelle réduction d’effectifs. Le groupe n’a pas communiqué de bilan détaillé, mais les premières estimations font état de 100 à 116 postes supprimés chez Pixar, de 60 à 80 chez National Geographic et d’une douzaine chez ABC News. Le total de Disney Entertainment Television resterait inférieur à 100 emplois, tandis que le nombre de départs chez ESPN demeure inconnu.
Cette opération constitue la troisième séquence de réorganisation menée par Disney depuis le début de 2026. En janvier, l’entreprise avait consolidé ses équipes marketing et communication. En avril, environ 1 000 postes avaient été éliminés dans le marketing, les studios, la télévision, ESPN, les produits, la technologie et plusieurs fonctions support. Avec les réductions annoncées en juillet, le bilan cumulé peut raisonnablement être estimé entre 1 300 et 1 500 suppressions d’emplois.
Pixar supporte une part importante de cette nouvelle restructuration. Le studio supprimerait moins de 10 % de ses effectifs, principalement dans les métiers de la production et des opérations. Disney justifie cette évolution par la réduction du volume de contenus, la priorité accordée aux sorties en salles et l’adaptation des équipes aux projets réellement engagés. Cette logique transforme les effectifs permanents en variable d’ajustement du portefeuille de productions.
Le signal social est d’autant plus sensible que Pixar enregistre une année favorable. « Hoppers » a bénéficié d’un accueil solide, tandis que « Toy Story 5 » avait déjà dépassé 957 millions de dollars de recettes mondiales au moment de l’annonce. La performance commerciale ne garantit donc plus la stabilité des emplois. Pour les collaborateurs, le contrat implicite reliant succès collectif, reconnaissance et sécurité professionnelle devient plus difficile à comprendre.
Chez ESPN, la réorganisation répond à une autre logique : l’intégration de NFL Network et de ses actifs numériques. Le rapprochement a créé des doublons dans la production, l’information sportive et les fonctions d’antenne. Ryan Clark, Karl Ravech, Tom Pelissero, Bart Scott, Cam Newton et Charles Davis figurent parmi les personnalités concernées. Le président d’ESPN, Jimmy Pitaro, a expliqué que l’entreprise avait réévalué ses équipes, ses ressources et sa structure afin de préparer l’avenir.
Pour la fonction RH, la difficulté ne réside toutefois pas uniquement dans le nombre de postes supprimés. La répétition des restructurations entretient une incertitude durable, susceptible d’affecter l’engagement, la coopération et la fidélisation des compétences critiques. Les salariés maintenus peuvent également subir une augmentation de la charge de travail, une perte de repères organisationnels et la crainte d’une nouvelle vague quelques mois plus tard.
Le discours du PDG Josh D’Amaro met l’accent sur une organisation « plus agile » et davantage soutenue par la technologie. Mais cette orientation reste difficile à traduire pour les équipes tant que Disney ne précise pas clairement les compétences qu’il souhaite conserver, développer ou remplacer. L’agilité ne peut durablement reposer sur des réductions successives sans cartographie des métiers, accompagnement des mobilités et investissement dans la reconversion.
Avec environ 231 000 salariés à la fin de son dernier exercice fiscal, Disney conserve une main-d’œuvre considérable. L’enjeu dépasse néanmoins le pourcentage global d’emplois supprimés : les coupes sont concentrées dans des métiers créatifs, éditoriaux et opérationnels au cœur de la valeur du groupe. Sans davantage de transparence sur son organisation cible, Disney risque de transformer une recherche d’efficacité en crise prolongée de confiance interne.




