Selon une information rapportée par Les Échos ce 22 octobre 2026, le gouvernement de Sébastien LECORNU examine la possibilité d’avancer la prochaine augmentation du SMIC. Une hausse de l’ordre de 1 % serait notamment envisagée, sans qu’aucune décision officielle ait été annoncée à ce stade.
Cette réflexion intervient après les manifestations du 17 octobre contre la vie chère et une rencontre à Matignon avec les organisations syndicales. La CGT, dirigée par Sophie BINET, réclame des mesures immédiates sur les salaires, tandis qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour le 5 novembre.
La pression sur le pouvoir d’achat s’est accentuée avec le retour de l’inflation. Selon les données de l’Insee citées dans les informations disponibles, les prix à la consommation ont progressé de 3,1 % sur un an en septembre 2026, notamment sous l’effet de l’augmentation des prix de l’énergie.
Le SMIC aurait déjà bénéficié de deux revalorisations depuis le début de l’année. La première, de 1,18 %, est intervenue au 1er janvier 2026, portant le salaire minimum horaire brut à 12,02 euros. Une seconde augmentation automatique de 2,41 % aurait été appliquée au 1er juin, fixant le taux horaire à 12,31 euros, soit environ 1 867 euros bruts mensuels pour un temps plein.
Le mécanisme légal prévoit une revalorisation en cours d’année lorsque l’indice des prix hors tabac des 20 % de ménages les plus modestes augmente d’au moins 2 % depuis la précédente fixation du salaire minimum. Le gouvernement conserve néanmoins la possibilité de décider une augmentation supplémentaire ou d’anticiper une échéance annuelle.
Une hausse anticipée de 1 % représenterait environ 18,67 euros bruts supplémentaires par mois pour un salarié rémunéré au SMIC à temps plein, soit près de 15 euros nets selon les cotisations applicables.
L’impact serait plus important pour les entreprises employant de nombreux collaborateurs au salaire minimum. Les secteurs de l’hôtellerie-restauration, du commerce, des services à la personne et de certaines activités de sous-traitance seraient particulièrement concernés.
Au-delà de l’augmentation directe de la masse salariale, les directions des ressources humaines pourraient être confrontées à une compression des grilles de rémunération. Une revalorisation du salaire minimum réduit mécaniquement les écarts avec les collaborateurs rémunérés légèrement au-dessus du SMIC, notamment ceux disposant d’une ancienneté ou de responsabilités supplémentaires.
Les employeurs devront également examiner les minima conventionnels applicables, adapter leurs paramètres de paie et mesurer les conséquences éventuelles sur les primes ou autres éléments de rémunération calculés en référence au salaire de base.
La question du calendrier reste déterminante. Une augmentation avancée à novembre ou décembre pourrait obliger les entreprises à réviser leurs prévisions de masse salariale pour la fin de l’exercice 2026, alors que les budgets RH de 2027 sont déjà en préparation.
Un précédent existe. En 2024, le gouvernement de Michel BARNIER avait anticipé au 1er novembre une revalorisation de 2 % normalement attendue en janvier suivant. Cette décision n’avait pas entraîné de nouvelle augmentation au 1er janvier 2025.
Le gouvernement devra donc préciser si la mesure envisagée constitue une simple anticipation de la revalorisation annuelle ou une augmentation supplémentaire du salaire minimum. Cette distinction déterminera son impact réel sur les rémunérations et sur les charges des entreprises en 2027.
Aucune date d’application ni aucun taux définitif n’ont encore été confirmés. Les prochains arbitrages gouvernementaux seront suivis attentivement par les partenaires sociaux et les directions RH, alors que la progression du coût de la vie remet les négociations salariales au premier plan.




