Oracle aurait introduit une nouvelle option pour certains collaborateurs américains considérés comme sous-performants. Des captures d’écran d’un message interne, diffusées le 6 octobre 2026 sur les réseaux sociaux, font état de l’élargissement d’un « Voluntary Separation Program » (VSP), entré en vigueur le 1er octobre.
Le dispositif concernerait des collaborateurs ayant déjà suivi une phase de coaching documentée sans parvenir à atteindre les objectifs de performance fixés. Deux possibilités leur seraient alors proposées : entrer dans un plan formel d’amélioration des performances, communément appelé PIP, ou quitter volontairement l’entreprise en bénéficiant d’une indemnité.
Selon le document diffusé, cette indemnité correspondrait à un minimum de six semaines de salaire, sauf lorsque la formule de départ applicable au salarié prévoit un montant supérieur. Les managers devraient obtenir plusieurs validations internes avant de proposer le programme. Le texte précise également que le VSP ne doit pas se substituer au coaching préalable.
Oracle n’a, à ce stade, pas confirmé publiquement l’authenticité de ces captures. Celles-ci ont notamment été relayées par Amanda Goodall, analyste spécialisée dans le marché du travail, avant d’être reprises par plusieurs médias américains. Certains observateurs y voient la préparation de nouvelles réductions d’effectifs d’ici la fin de l’année. Cette hypothèse n’est toutefois étayée par aucune annonce officielle du groupe concernant une nouvelle vague de suppressions de postes en décembre.
Le dispositif intervient néanmoins dans une période de forte réorganisation chez Oracle. Sur l’exercice clos le 31 mai 2026, les effectifs mondiaux du groupe sont passés d’environ 162 000 à 141 000 collaborateurs, soit une diminution de quelque 21 000 personnes en un an.
Dans ses communications réglementaires, Oracle a notamment associé l’évolution de ses besoins en effectifs à l’adoption croissante des technologies d’intelligence artificielle. Parallèlement, le groupe engage des investissements considérables pour développer Oracle Cloud Infrastructure et augmenter ses capacités de data centers nécessaires aux nouveaux usages de l’IA.
Une nouvelle vague de suppressions de postes est d’ailleurs intervenue à la mi-septembre. Des collaborateurs ont alors été informés de la suppression immédiate de leur fonction dans le cadre d’une réorganisation. Selon des documents rapportés par Business Insider, le dispositif d’indemnisation prévoyait quatre semaines de salaire de base auxquelles s’ajoutait une semaine par année d’ancienneté, dans la limite de 26 semaines.
En Californie, des notifications Cal-WARN déposées le 14 septembre portent sur 441 emplois à Redwood City, Santa Clara et Pleasanton. Les séparations correspondantes sont prévues pour le 13 novembre. D’autres réductions d’effectifs avaient déjà concerné plusieurs centaines de postes dans cet État en mars.
Le VSP décrit dans le document circulant depuis le 6 octobre répondrait à une logique différente. Il ne s’agirait pas d’une suppression immédiate de poste, mais d’une possibilité de départ proposée à des collaborateurs déjà engagés dans un processus de gestion de la sous-performance. Pour les personnes éligibles, l’arbitrage serait donc particulièrement sensible : accepter une indemnité immédiate ou poursuivre leur parcours dans l’entreprise à travers un PIP dont l’issue dépendrait de l’atteinte des objectifs fixés.
Cette évolution intervient alors qu’Oracle réalloue une partie croissante de ses ressources vers ses infrastructures cloud et IA. Le groupe a également augmenté de 700 millions de dollars ses charges de restructuration en 2026, portant leur montant annuel à environ 2,8 milliards de dollars.
En l’absence de confirmation d’Oracle, la portée exacte du programme reste cependant impossible à établir. Ni le nombre de collaborateurs potentiellement concernés ni son articulation avec d’éventuelles nouvelles restructurations n’ont été communiqués. Le document, s’il est authentique, montre néanmoins comment la gestion de la performance individuelle peut désormais s’intégrer à une transformation beaucoup plus large des effectifs d’un groupe technologique engagé dans une course massive aux infrastructures d’intelligence artificielle.




