Le décret du 23 juillet 2026 donne à Royal Air Maroc le cadre juridique nécessaire pour créer sa nouvelle filiale de formation. Cette autorisation intervient après l’approbation du projet par le conseil d’administration de la compagnie, le 7 mai, et l’avis favorable de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État.
La création de la société prolonge deux conventions signées en décembre 2025. La première concerne le développement de la formation professionnelle dans l’aviation et la logistique aéroportuaire. La seconde encadre l’organisation et la gestion de la future filiale. L’académie assurera des formations destinées à l’insertion, au perfectionnement des salariés et à la préparation de qualifications répondant aux besoins des entreprises aéronautiques.
Son capital de 300 000 dirhams correspond à la dotation juridique initiale de la société. Il ne constitue pas le budget total nécessaire à la formation de plus de 550 techniciens chaque année. Les équipements pédagogiques, les ateliers, les formateurs, les agréments et les outils de simulation mobiliseront des moyens opérationnels dont le montant n’est pas précisé par le décret.
Pour la direction des ressources humaines de la RAM, cette académie répond à un problème de planification. L’expansion de la flotte prévue par le contrat-programme 2037 augmentera mécaniquement les besoins en maintenance, en réparation, en contrôle et en support technique. Or un technicien aéronautique ne peut être recruté puis affecté immédiatement à une opération sensible : sa préparation exige une formation spécialisée, des habilitations et une maîtrise rigoureuse des procédures de sécurité.
L’objectif de 550 techniciens formés par an ne doit toutefois pas être interprété comme l’annonce de 550 recrutements annuels au sein de la compagnie. Il mesure une capacité de formation. Les diplômés pourront répondre aux besoins de la RAM, de ses activités de maintenance, de ses partenaires et des entreprises aéronautiques implantées au Maroc. Le nombre réel d’embauches dépendra de la montée en charge de la flotte, des spécialisations retenues et des besoins des employeurs.
Les profils concernés dépasseront la mécanique générale. L’académie pourra alimenter les métiers de la maintenance des cellules et des moteurs, de l’avionique, de l’électricité, des structures, de la documentation technique, de la planification, du contrôle qualité et du support aux opérations. Ces fonctions sont critiques, car toute pénurie peut allonger l’immobilisation des appareils, augmenter les coûts et peser sur la ponctualité.
La création d’une filiale dédiée permet également de rapprocher l’ingénierie pédagogique du terrain. Les programmes pourront être ajustés aux types d’appareils exploités, aux technologies introduites dans la flotte et aux procédures des ateliers. Le gouvernement avait déjà prévu que l’académie dispense des formations qualifiantes, continues et préalables à l’embauche au profit du secteur de la maintenance aéronautique.
Pour les DRH, la réussite du dispositif dépendra autant du recrutement des candidats que de leur fidélisation après formation. Les techniciens aéronautiques qualifiés disposent d’une forte mobilité internationale. Une politique de rétention devra donc associer rémunération, progression professionnelle, certifications, spécialisation technique et accès à des fonctions d’encadrement.
L’académie peut aussi renforcer l’attractivité des filières techniques auprès des jeunes titulaires de diplômes industriels. Les métiers de la maintenance offrent des parcours qualifiés accessibles à différents niveaux de formation, mais ils restent exigeants en matière de rigueur, d’anglais technique, de travail en horaires décalés et de responsabilité individuelle. La communication de recrutement devra présenter ces contraintes aussi clairement que les perspectives de carrière.
Le pilotage RH devra enfin suivre plusieurs indicateurs : nombre de candidats admis, taux de certification, abandon en cours de formation, délai d’accès à l’emploi, répartition des spécialités et maintien dans le secteur après deux ou trois ans. Former 550 techniciens par an donnera du volume au dispositif ; leur qualification effective et leur rétention détermineront sa contribution réelle aux objectifs de la RAM à l’horizon 2037.




