La progression constante du chômage au Maroc met en lumière des problématiques structurelles majeures. En 2024, le taux de chômage atteint 21,4 %, contre 16,2 % en 2014. Cette situation met en évidence les défis économiques et sociaux importants que rencontre le marché de l’emploi, affectant particulièrement les jeunes et les femmes, tout en accentuant les disparités régionales.
Les dernières données du Haut-Commissariat au Plan (HCP) montrent une augmentation générale du chômage, tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Dans les zones urbaines, le taux de chômage a progressé de 19,3 % en 2014 à 21,2 % en 2024. En milieu rural, une hausse encore plus marquée a été enregistrée, passant de 10,5 % à 21,4 %. Cette évolution souligne l’ampleur du phénomène, touchant des secteurs variés du marché du travail.
Les femmes restent particulièrement affectées par le chômage, bien que leur taux ait légèrement diminué, passant de 29,6 % à 25,9 %. En revanche, chez les hommes, la hausse est plus significative, atteignant 20,1 % en 2024, contre 12,4 % en 2014. Ces chiffres révèlent une disparité croissante entre les sexes, où les femmes continuent de rencontrer davantage d’obstacles à l’intégration professionnelle.
En parallèle de l’augmentation du chômage, le taux d’activité a connu une baisse notable au cours des dix dernières années. En 2024, seulement 41,6 % des Marocains âgés de 15 ans et plus participent au marché du travail, contre 47,6 % en 2014. Ce recul est particulièrement marqué chez les femmes, dont la participation est passée de 20,4 % à 16,8 %. Quant aux hommes, leur taux d’activité a diminué de 75,5 % à 67,1 %. Ce déclin reflète un désengagement progressif, notamment des femmes et des jeunes, souvent découragés par les difficultés d’insertion professionnelle.
Le chômage au Maroc touche également de manière inégale les différentes régions du pays. Les taux les plus élevés sont enregistrés dans les régions de Guelmim-Oued Noun (31,5 %), de l’Oriental (30,4 %) et de Béni Mellal-Khénifra (26,8 %). En revanche, certaines régions affichent des taux plus modérés, comme Dakhla-Oued Ed-Dahab (10,6 %), Casablanca-Settat (18,8 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (19,6 %). Ces disparités géographiques témoignent des écarts dans les opportunités économiques disponibles d’une région à l’autre.
Plusieurs facteurs expliquent la persistance du chômage au Maroc. Parmi ceux-ci, on peut citer un ralentissement de la création d’emplois, particulièrement dans les secteurs clés tels que l’agriculture et l’industrie. Il existe également une inadéquation croissante entre l’offre de formation et les besoins du marché, ce qui crée un écart important entre les compétences disponibles et les attentes des employeurs. En outre, les disparités économiques régionales freinent la création d’une dynamique uniforme de l’emploi à travers le pays. Enfin, malgré des politiques ciblées pour améliorer l’intégration professionnelle des jeunes et des femmes, ces derniers continuent de rencontrer des obstacles importants pour accéder à des opportunités de travail.
Face à ces défis, des mesures structurées et coordonnées sont nécessaires pour stabiliser le marché du travail. Il est essentiel d’aligner l’offre de formation avec les besoins économiques grâce à des partenariats avec le secteur privé. De plus, il faut stimuler l’emploi dans les zones rurales en mettant en place des programmes favorisant l’entrepreneuriat local. L’investissement dans des secteurs porteurs, comme les énergies renouvelables, le numérique et l’agriculture, constitue également une priorité. Enfin, il est crucial de promouvoir l’inclusion économique des femmes en facilitant leur accès à des opportunités professionnelles adaptées.
Le taux de chômage au Maroc en 2024 met en lumière des défis structurels qui nécessitent une réponse rapide et adaptée. Les disparités régionales et les écarts entre hommes et femmes persistent, mais des solutions telles que le renforcement des compétences, l’investissement dans des secteurs stratégiques et une approche inclusive du marché du travail sont essentielles pour inverser la tendance. L’avenir de l’emploi au Maroc dépendra de la capacité à anticiper ces besoins et à mobiliser les acteurs publics et privés pour une stratégie d’emploi efficace et durable.