Workday poursuit la réorganisation de ses effectifs. Dans un document déposé le 29 septembre 2026 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’entreprise américaine annonce une réduction d’environ 2,5 % de ses collaborateurs, concentrée principalement sur les fonctions produit et technologie.
Rapporté aux quelque 21 000 salariés du groupe, ce pourcentage représenterait environ 525 postes. Workday ne fournit toutefois pas de nombre précis dans son document réglementaire.
L’entreprise justifie cette décision par la volonté de « mieux aligner les structures d’équipes sur les priorités de croissance ». Le plan devrait générer entre 65 et 85 millions de dollars de charges de restructuration. Dans le même temps, Workday précise qu’il continuera de recruter dans certains domaines considérés comme stratégiques au cours de son exercice 2027.
Cette nouvelle réduction intervient après un premier ajustement d’environ 2 % des effectifs annoncé en février 2026, qui concernait notamment les équipes chargées des opérations clients. Elle traduit ainsi une recomposition des ressources plutôt qu’un arrêt général des recrutements.
Le mouvement intervient également dans un contexte de transformation de la gouvernance. Aneel Bhusri, cofondateur de Workday, a repris les commandes de l’entreprise en février 2026, succédant à Carl Eschenbach. Son retour accompagne une période où l’éditeur cherche à repositionner son offre face à l’accélération de l’intelligence artificielle dans les logiciels d’entreprise et les solutions RH.
Il serait cependant excessif de présenter l’IA comme la cause officiellement avancée pour expliquer les suppressions de septembre. Le document transmis à la SEC ne mentionne pas l’intelligence artificielle agentique comme justification du plan. Workday évoque uniquement ses « priorités de croissance stratégiques ».
Le rapprochement avec l’IA repose néanmoins sur la stratégie plus générale du groupe. Workday a déjà indiqué vouloir renforcer sa feuille de route autour de l’IA agentique, tandis qu’Aneel Bhusri présente régulièrement cette technologie comme une transformation profonde du logiciel d’entreprise. La concomitance entre investissements technologiques, recrutements ciblés et réduction de certaines équipes illustre ainsi une redistribution des compétences, sans permettre d’établir un lien causal direct entre IA et suppressions de postes.
Une autre incertitude entoure parallèlement l’avenir capitalistique de Workday. Reuters a rapporté le 13 août, sur la base de sources proches du dossier, que le fonds d’investissement Silver Lake avait engagé des discussions en vue d’un possible rachat de l’éditeur.
Workday était alors valorisé autour de 43 milliards de dollars avant la publication de cette information. Le titre avait bondi d’environ 18 %, portant temporairement la capitalisation du groupe à près de 51 milliards de dollars.
Ces discussions ne signifient toutefois pas qu’une acquisition est acquise. Aucun accord n’a été annoncé et aucune communication réglementaire de Workday publiée jusqu’à fin septembre n’est venue confirmer une transaction. Reuters précisait également qu’aucune garantie n’existait quant à l’aboutissement des négociations.
Pour les professionnels RH, le cas Workday mérite une attention particulière : l’un des principaux fournisseurs mondiaux de technologies de gestion des ressources humaines réduit précisément certaines de ses équipes technologiques tout en continuant de recruter sur ses priorités stratégiques. Au-delà du nombre de postes supprimés, cette réallocation des ressources constitue un indicateur de la manière dont les grands éditeurs commencent à redéfinir leurs organisations, leurs compétences et leurs investissements face à la nouvelle génération de logiciels alimentés par l’IA.




